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  • Tirs de loups : les dommages collatéraux

    29 août, par Sandrine Andrieux association FERUS

    Le louveteau erratique de Valberg

    Mise à jour du 29 août 2020 :

    Excellente nouvelle, le louveteau de Valberg a été relâché début août dans les Alpes ! FERUS salue cette décision des pouvoirs publics, c’est un animal sauvage et sa place est dans la nature. C’est la première fois que l’Etat français a le courage de relâcher un loup secouru. L’animal a été soigné et son comportement (crainte de l’homme et non agressivité) a permis ce relâcher. Il a été équipé d’un collier émetteur : les données indiquent qu’il se porte bien et n’a predaté aucun troupeau domestique. Longue vie à lui.

    NB : FERUS rappelle que l’errance de ce louveteau est probablement due à la politique intensive de tirs de loups orchestrée par l’Etat français. Pour dire NON aux nouveaux tirs de loups ==>> AGIR ICI.

    Mise à jour du 29 novembre 2019 :

    L ‘ONCFS vient de donner des nouvelles du louveteau, actuellement en centre de soins spécialisé ==>> ICI. Nous avions entre temps adressé un courrier à l’ONCFS pour savoir ce qu’il en était.

    Mise à jour du 5 novembre 2019 :

    D’après le sous-préfet du 06 « Il n’est pas en mauvaise santé, et a priori pas blessé » (…) « Après une période d’observation, les autorités environnementales verront s’il peut être relâché. L’animal a vocation à vivre en milieu naturel et ce n’est pas normal pour un loup d’être là ».

    Nous serons là pour que cet animal puisse rejoindre le milieu naturel. Les paroles du sous-préfet sont encourageantes et nous espérons que les pouvoirs publics feront le choix de relâcher le louveteau et n’inventeront pas de fausses excuses pour le garder en captivité.

    Mais le sous préfet dit aussi : « Il n’y a aucun élément pour faire le lien entre la présence du louveteau et les tirs de prélèvement effectués à proximité des troupeaux dans les alpages ces derniers mois ». Les éléments que nous avons en notre possession ne disent pas du tout ça…

    Mise à jour du 4 novembre 2019 :

    Le louveteau a été capturé ce samedi soir 2 novembre par l’ONCFS afin d’être soigné. Vu qu’il faut une autorisation ministérielle pour le relâcher, finira-t-il sa vie en captivité ? Si ça devait être le cas, nous veillerons à ce que cet animal soit décompté du plafond des 100 loups pouvant être abattus vu qu’il aura été retiré volontairement de son milieu naturel.

    Ce louveteau errant était une issue inévitable et de tels cas se reproduiront si l’Etat français continue sa politique actuelle de tirs de loups : quatre loups ont été abattus dans le secteur, décimant en totalité ou en partie la meute de ce louveteau, en pleine période d’élevage des jeunes. Auparavant, en mai, alors que les louveteaux naissent, déjà deux loups de cette meute avaient été retrouvés morts, dont un mâle adulte (ces deux morts, naturelles ou accidentelles, n’ont pas été mentionnées par l’ONCFS à ce jour). Comment les pouvoirs publics ont-ils pu autoriser des tirs par la suite ? Comment ne pas se douter un instant qu’au moins un louveteau allait se retrouver à chercher de la nourriture auprès des humains ? Le principe de précaution aurait du être appliqué mais comme à chaque fois dans le dossier loup, il est bafoué purement et simplement. L’Etat français compte-t-il reproduire le même scénario l’année prochaine ? Car n’en doutons pas, le milieu naturel est favorable, les proies sauvages nombreuses, les loups reviendront dans la vallée. La coexistence loup / élevage ne peut passer que par les moyens de protection des troupeaux  : présence humaine, chiens de protection et filets électriques adaptés.

    L’ONCFS n’a pour l’instant pas communiqué sur cette affaire. Nous enverrons officiellement dans quelques jours un courrier pour connaître l’état de l’animal et s’il peut être relâché.

    Voir le reportage France 3 ==>> ICI.

    Communiqué de presse du 28 octobre 2019

    Depuis quelques jours, un jeune loup a été observé et photographié plusieurs fois par les habitants de la commune de Valberg (Alpes-Maritimes). Ce loup, né probablement au printemps dernier, amaigri et apparemment blessé, adopte un comportement atypique pour l’espèce en se rapprochant des humains en plein jour pour chercher de quoi se nourrir.

    La cause ? Les tirs de loups autorisés par l’Etat. La famille de ce loup a été purement décimée ; 4 loups ont été abattus dans le secteur ces dernières semaines. Résultat : aucune baisse de la prédation sur les troupeaux (on ne répétera jamais assez que seuls les moyens de protection sont efficaces, à court et moyen termes) mais une meute détruite et déstructurée qui a conduit à ce louveteau erratique. Ces animaux désorientés peuvent justement s’en prendre davantage aux troupeaux qui sont une proie plus facile que les proies sauvages, surtout quand les troupeaux sont peu ou mal protégés. C’est ce que nous dénonçons depuis des années.

    Cette meute ne posait pas de problème majeur. Elle a par ailleurs été détruite lors d’une phase critique, celle de l’élevage des jeunes et de l’apprentissage de la chasse aux ongulés sauvages.

    Les tirs de loups et la politique absurde de la gestion de l’espèce par les pouvoirs publics ont clairement créé la situation dans laquelle nous nous trouvons aujourd’hui.

    L’animal ne présente à ce jour aucun danger pour la sécurité des personnes.

    Nous rappelons aux porteurs de fusil qui souhaiteraient en faire un trophée que la destruction d’une espèce protégée est un délit puni par l’article L 415-3 du code de l’Environnement, sanctionné d’une peine de 2 ans de prison et/ou de 150 000 euros d’amende.

    Nous rappelons également aux habitants de ne pas essayer d’approcher ou de nourrir l’animal pour le devenir de l’animal lui-même dont la place est dans la nature.

    Si l’ONCFS venait à capturer ce louveteau pour lui prodiguer des soins, nous veillerons à ce qu’il soit relâché par la suite et qu’il ne finisse pas sa vie derrière des barreaux pour contenter les ennemis de la nature.

    #stopauxtirsdeloups

  • Pourquoi + de rencontres ours – bergers en 2020 ?

    26 août, par Sandrine Andrieux association FERUS

    Photo Anthony Kohler

    Communiqué FERUS – Pays de l’ours-Adet, 26 août 2020

    Les associations appellent à la prudence quant aux circonstances et à l’interprétation d’une charge qu’aurait fait une ourse suitée face à un berger qui tentait de lui faire peur sur l’estive d’Ourdouas (Ariège).

    Il y a quelques semaines déjà, la prétendue attaque d’une bergère médiatisée par les responsables agricoles opposés à l’ours s’était avérée très exagérée et il est regrettable que l’Etat laisse se propager de fausses informations sans rétablir la réalité des faits.

    Afin d’éviter de s’en tenir aux interprétations parfois orientées des seuls responsables agricoles, les associations demandent une expertise de l’évènement par l’OFB et que les conclusions soient rendues publiques.

    D’ores et déjà, on peut constater qu’il n’y a pas eu d’attaque, tout au plus une charge d’intimidation d’une femelle visant à tenir à distance de son ourson un homme ayant une attitude qu’elle juge agressive. Quoi de plus normal ?

    L’Etat ayant choisi de privilégier l’effarouchement des ours à la protection des troupeaux, nous avions prévenu que ces évènements, heureusement plus impressionnants que dangereux, se multiplieraient, personne ne doit aujourd’hui s’en étonner.
    Tenter d’effaroucher un ours en ayant une attitude agressive n’est pas sans risque, nous avons alerté l’Etat à ce sujet dès l’année dernière quand il a pris le premier arrêté autorisant l’effarouchement, malheureusement renouvelé en 2020.

    Il y a pourtant d’autres solutions : nous rappelons que s’interposer entre le troupeau et l’ours est le travail des chiens de protection et non des hommes. Les chiens « Montagne des Pyrénées (ou patou) sont en effet une race spécialisée, sélectionnée dans ce but depuis des siècles, avec une efficacité démontrée quand ils sont en nombre suffisant et bien éduqués.
    La protection préventive des troupeaux, avec des méthodes éprouvées dans le monde entier, devrait être la priorité des éleveurs comme de l’Etat.

  • Les loups ont besoin de vous !

    25 août, par Sandrine Andrieux association FERUS

    Une louve abattue par l’Etat français

    Encore une consultation publique pour autoriser les futurs tirs de loups… Et nous avons encore et toujours besoin de vous pour y participer et donner votre avis. Nous savons bien que les jeux sont déjà faits et que la démocratie sera bafouée : comme à chaque consultation loup, la majorité s’opposera aux tirs… et les pouvoirs publics tueront toujours plus de loups : les nouveaux projets d’arrêtés prévoient de pouvoir tuer 2% de loups supplémentaires (soit passer de 19 % de la population de loups pouvant être abattue à 21 % ! ). Par ailleurs, le Conseil National de Protection de la Nature (CNPN) s’est prononcé à l’unanimité contre ces projets d’arrêtés de tir.

    Pourquoi VOTRE AVIS RESTE PRIMORDIAL ? d’une part pour l’opinion publique qui se rend bien compte ainsi que les citoyens sont contre les tirs de loups et d’autre part pour des recours juridiques (le gouvernement français a déjà reçu un rappel à l’ordre de la part de la commission nationale du débat public).

    ==>> participer à la consultation publique (déposer votre commentaire en bas de page). Consultation ouverte jusqu’au 13 septembre 2020. 

    Cette fois-ci, avant d’argumenter sur l’inutilité des tirs de loups, nous vous proposons de commencer votre avis par une question du genre « pourquoi une consultation publique puisque ni notre avis ni celui du CNPN ne sont pris en compte ? » Montrons clairement aux pouvoirs publics que nous ne sommes pas dupes de ce déni de démocratie !

    Vous pouvez ensuite argumenter autour des points suivants :

    • le loup est une espèce protégée !
    • les tirs restent centraux pour l’Etat français alors qu’ils ne sont pas la solution
    • les tirs de loups sont inefficaces et contre-productifs en terme de baisse de la prédation sur les troupeaux
    • une étude sur l’efficacité des tirs sera terminée en… 2021 : quid du principe de précaution ? Les tirs de loups devaient être suspendus
    • l’effarouchement a purement et simplement été abandonné  alors qu’il devrait intervenir avant tout tir létal. Par ailleurs, aucun autre moyen de dissuasion n’est recherché ou recommandé (fladry, fox lights, etc.)
    • au regard des lois européennes, les tirs ne doivent intervenir que si aucune autre solution n’a fonctionné : mais les moyens de protection des troupeaux mis en place ne sont pas contrôlés sur le terrain… Les moyens de protection des troupeaux doivent pourtant rester un préalable aux tirs de loups (Directive européenne Habit-Faune-Flore). Aujourd’hui, des tirs sont ainsi réalisés sur des troupeaux peu ou pas protégés.
    • le seuil de déclenchement des tirs est trop bas (pour un troupeau, 3 attaques sur 12 mois peuvent déclencher un tir de défense renforcée et 1 seul animal indemnisé au titre du loup définit une attaque), et ne constitue donc pas des « dommages importants », l’une des préalables aux tirs de loup ((Directive européenne Habit-Faune-Flore)
    • l’Etat français est entré dans une phase de régulation de l’espèce ce qui est contraire aux lois européennes
    • le seuil de 500 loups indiqué par les pouvoirs publics français ne constitue en aucun cas un seuil de viabilité de l’espèce (cf. saisine MNHN / ONCFS, 2019)
    • Les tirs interviennent toute l’année, y compris en période de reproduction, ce qui est incompatible avec la conservation d’une espèce protégée
    • le loup est toujours une espèce menacée en France, statut « vulnérable », cf. liste rouge UICN
    • le plafond passe de 19 à 21 % de la population de loups : c’est inacceptable, d’autant plus que les dernières données du réseau loup (OFB) ont montré une croissance ralentie de l’espèce (9% au lieu de 22 % l’année précédente). Cette politique de tirs intensive menace la conservation du loup à terme en France. Ce ralentissement de la croissance devrait amener les pouvoirs publics à la prudence au lieu d’augmenter le plafond de loup pouvant être abattus… Par ailleurs, un taux de croissance de 9 % est trop bas pour une espèce en voie d’expansion : de nombreux habitats naturels favorables au loup restent totalement ou quasi vides de loups (massifs montagneux hors Alpes et forêts de plaines notamment).

    ==>> Vous pouvez aussi vous inspirer de l’avis détaillé défavorable du CNPN

    ==>> participer à la consultation publique (déposer votre commentaire en bas de page)

    MERCI !

    Pour rappel, en 2020, 64 loups ont déjà été abattus (dont 2 cas de braconnage constatés). En 2019, 94 loups avaient été abattus (+ 4 cas de braconnage constatés)

  • Les mœurs « étranges » des loups biélorusses

    18 août, par Sandrine Andrieux association FERUS

    Photo Vadim Sidorovich

    Les mœurs « étranges » des loups biélorusses. Par Roger Mathieu

    Article paru dans la Gazette des grands prédateurs n°71 (mars 2019)

    Quelques réflexions à propos du livre de Vadim Sidorovich et Irina Rotenko : Biologie de la reproduction chez le Loup gris Canis lupus en Biélorussie : des croyances à la réalité.

    En préambule, nous devons saluer l’énorme travail de terrain réalisé par Vadim Sidorovich et Irina Rotenko, aidés par tous leurs amis naturalistes dans les forêts de Biélorussie. Plus d’un tiers de siècle consacré à suivre les loups dans ce pays et à recueillir une multitude de données sur la biologie de cette espèce en lien avec les conditions de milieu et les activités humaines. Il n’existe probablement pas de publication équivalente concernant les loups du continent eurasiatique ou d’Amérique du nord.

    La lecture de l’ouvrage, publié en 2018, va surprendre plus d’un naturaliste intéressé par le loup et nourri de publications en provenance d’Amérique du nord ou d’autres pays européens.

    En comparant la biologie des loups du Nouveau Monde à celle des loups de Biélorussie, les auteurs notent sept « anomalies » (abnormalities) présentes chez les loups biélorusses.

    1 – Les reproductions multiples au sein d’une même meute semblent être un phénomène courant.

    2 – La survie des louveteaux peut être extrêmement faible, voire nulle (en dehors des destructions directes d’origine anthropique).

    3- 5 à 8 % (au minimum) des femelles de 1 an (1+) se reproduisent(1).

    4 – Si une majorité de mises bas se produisent dans la période 20 avril – 15 mai, certaines peuvent survenir très tôt (janvier) ou très tard (fin du mois de mai).

    5 – Les lynx (en pénétrant par exemple dans les tanières pour tuer les louveteaux) et les ongulés sauvages (par piétinement volontaire des individus jeunes et/ou vulnérables) sont responsables d’une part non négligeable de la mortalité des loups (louveteaux essentiellement, mais aussi très jeunes femelles et louves gravides, proches du terme).

    6 – La composition des meutes varie depuis la forme « familiale nucléaire » (tous les individus sont apparentés et dirigés par le couple fondateur) jusqu’à la meute dominée par un couple fondateur dit « alpha » allié à des individus subordonnés non apparentés.

    7 – Les couples mixtes (toujours loup-chienne) peuvent se former, même dans des populations de loups à densité « assez élevée ».

     

    Lire la suite en téléchargeant l’article en pdf :

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  • APPEL à tous les usagers de la montagne en zones à ours

    12 août, par Sandrine Andrieux association FERUS

    L’ours abattu en Ariège en juin 2020

    APPEL à tous les usagers de la montagne en zones à ours

    Vigilance, Vigie Ours, soyons attentifs pour les ours dans les Pyrénées

    Un ours a été tué par balles en juin dernier en Ariège. Il s’agit d’un acte illégal. L’ours en France est une espèce protégée en danger critique d’extinction. Nous avons de sérieux indices qui font craindre que les tentatives de destruction de l’ours continuent, et tout particulièrement en Ariège. 84% des Français soutiennent le maintien d’une population d’ours dans les Pyrénées.

    Mobilisons nous !

    FERUS lance donc un nouvel appel à tous les usagers de la montagne sur les secteurs susceptibles d’être fréquentés par les ours : « A l’occasion de vos sorties terrain, soyez vigilants, attentifs et à la recherche de tout indice qui peut faire penser à une action de braconnage d’ours (carcasses, pots de miel remplis de verres pilés, agitation inquiétante sur un secteur de présence de l’ours…) ».

    Amis montagnards, usagers des Pyrénées, simples visiteurs, vous pouvez nous faire remonter tout signe suspect ou autre à l’adresse vigie@ferus.org ou par téléphone 06 46 62 19 47.

    Avant de partir en montagne, FERUS vous invite à vous munir des numéros d’appel d’urgence de la brigade de gendarmerie du secteur concerné, du service départemental de l’OFB (Office français de la biodiversité), du 112 et du numéro de secours. Si vous êtes en présence d’éléments précis et inquiétants ou douteux (cadavres inexpliqués), il est préférable de les appeler sans délai. FERUS espère que cette action de vigilance et de présence sur le terrain dissuadera les candidats-braconniers de passer à l’acte.

    Nous rappelons que la destruction d’une espèce protégée est un délit puni par l’article L 415-3 du code de l’Environnement, sanctionné d’une peine de 3 ans de prison et/ou de 150 000 euros d’amende. En cas de destruction « en bande organisée », la sanction peut aller jusqu’à 7 ans d’emprisonnement et 750 000 € d’amende.

    Constitue une bande organisée au sens de la loi « tout groupement formé ou toute entente établie en vue de la préparation, caractérisée par un ou plusieurs faits matériels, d’une ou de plusieurs infractions. » (art. 132-71 du code pénal).

    A noter : Des formations Vigie ours, inscrivez-vous ==>> ICI

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