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  • La Confédération Paysanne de l’Ariège a la gâchette facile : une mise au point s’impose

    17 janvier, par Sandrine Andrieux association FERUS

    Photo Nathalie Masson

    Suite aux premiers dégâts de loup au Nord-Est de l’Ariège, à Moulin-Neuf, frontière avec l’Aude, la Confédération Paysanne de l’Ariège a déclaré dans un communiqué que  « Ces loups font leur entrée en Ariège dans un contexte extrêmement tendu sur la question de la prédation, puisque l’Ariège est le deuxième département Français impacté en nombre de constats, et le cinquième en termes de nombre d’animaux tués par les ours protégés » et « que le loup peut être tiré en toute légalité en situation d’attaque notamment et dans la limite d’un quota fixé annuellement par les autorités (17 % selon la publication du Journal Officiel du 3 janvier). » [1]

    Il convient d’effectuer une piqûre de rappel anti-amnésie concernant les conditions de dérogation au statut protégé du loup, cet animal n’étant ni une cible de ball-trap, ni un défouloir : c’est une espèce classée vulnérable en France dans la liste rouge des espèces menacées de l’UICN.

    • Tout d’abord les dérogations, incluant les tirs létaux, sont conditionnées à « l’absence d’autres solutions satisfaisantes ». Donc conditionnées entre-autres à la présence de moyens de protection du bétail. Or l’élevage concerné n’est pas, pas encore, équipé en moyens de protections (gardiennage, chiens de protection, clôtures électrifiées). D’ailleurs l’éleveur concerné a déclaré vouloir suivre une formation [2].
    • Ensuite ces tirs ne doivent pas contrarier le retour « à un état de conservation favorable » de l’espèce. La Cour de Justice de l’Union Européenne a tout récemment précisé dans un avis que cet état de conservation devait être évalué non seulement à l’échelle nationale, mais également à l’échelle locale [3]. Moulin-Neuf se situe en marge de la ZPP (Zone de Présence Permanente du loup) du Razès, un triangle Carcassonne-Castelnaudary-Mirepoix. Cette ZPP existe depuis fin 2013 et n’est à priori peuplée depuis cette date que d’un seul loup : aucun indice actuel ou passé ne montre l’existence de plusieurs individus. « Ces loups entrant en Ariège » ne sont donc que la matérialisation des déplacements locaux d’un individu présent de longue date, la frontière départementale n’étant pas une ligne Maginot. L’abattage demandé par le syndicat agricole aurait donc pour effet de supprimer cette espèce protégé d’une partie du territoire français, étendant un vide qui irait de la Méditerranée à Castelnaudary, et du sud du Massif Central aux Pyrénées, soit un quadrilatère de 100 par 60 km. En termes d’état de conservation local, on peut rêver mieux.

    Cette revendication d’un abattage, qui serait donc illégal, s’apparente plus, de fait, à une incitation au braconnage.

    La Confédération Paysanne de l’Ariège semble également ignorer l’excellent travail effectué depuis quelques années dans cette ZPP, impliquant une collaboration entre la préfecture de l’Aude, les organisations agricoles départementales, et la Pastorale Pyrénéenne. En quelques années, la plupart des élevages audois de la ZPP ont été équipés en moyens de protection, avec des résultats à la clé : les pertes de bétail par prédations « loup non écarté » sont passés de 99 bêtes en 2017 à 27 bêtes en 2019, meilleur résultat depuis l’apparition du loup dans cette zone. Ces pertes représentent 0.3% du cheptel de la ZPP, alors que les pertes « ordinaires » toutes causes confondues, de ce type d’élevage pastoral, sont estimées en moyenne à 3% ([4] p.3, [5] p.21).

    Ces moyens de protection jouent aussi leur rôle contre les prédations de chiens divagants : ces derniers tuent par exemple plus de 1% du cheptel du département des Deux Sèvres chaque année, soit plus de 2000 bêtes [6]. Pour mémoire, début décembre 2019, des brebis ont été tuées par des chiens errants à Montaut, dans le Nord de l’Ariège [7], ne suscitant pas de réaction médiatique des syndicats agricoles : deux poids, deux mesures, car les espèces sauvages n’ont pas le droit d’exister ?

    Après ces efforts et ces dépenses publiques qui ont permis aux élevages du Razès de s’équiper en moyens de protection, et d’obtenir une forte baisse des pertes, il serait absurde d’éliminer le loup de ce secteur. Ce serait d’autant plus choquant et immoral que les moyens de protection déjà mis en place, qui permettent aussi de contrer les dégâts des chiens errants, les vols, etc. ont été fortement subventionnés grâce à la présence du prédateur. Cela reviendrait à traiter par le mépris le contrat tacite liant les contribuables français, majoritairement favorables à l’existence du prédateur en France, aux éleveurs subissant les contraintes de sa présence.

    Rappelons aussi que la France est un des pays d’Europe qui subventionne le mieux les moyens de protection [8].

    Concernant le contexte « tendu » de prédation des ours mis en avant dans le communiqué syndical : quand les syndicats agricoles revendiquent en 2019 25 (!) fois plus de pertes par ours en France que dans n’importe quel autre pays de l’Union Européenne ([9] p.48), il apparaît comme une évidence que cette anomalie ne provient pas du plantigrade lui-même, mais des acteurs français impliqués dans ce dossier. Dont acte.

    Pour terminer et prendre un peu de recul, ces évènements interviennent sur une toile de fond qui voit une crise de la biodiversité sans précédent dans l’histoire humaine : Homo sapiens et ses animaux domestiques représentent 96% de la biomasse des mammifères sur Terre, les mammifères sauvages seulement 4% en forte baisse [10]. Ces 4% apparaissent encore de trop pour certains. Mettre autant d’empressement à vouloir faire disparaître du paysage local des espèces protégées au motif qu’elles sont une contrainte, certes réelle, pour des activités économiques, et alors que des solutions bien plus consensuelles existent, est un anachronisme qui renvoie aux siècles passés : c’est reprendre les recettes responsables de cet effondrement. On arrête quand ?

     

    [1] https://www.ladepeche.fr/2020/01/09/le-loup-peut-etre-tire-en-toute-legalite-selon-la-conf,8649678.php

    [2] https://www.ladepeche.fr/2019/12/18/en-ariege-les-brebis-ont-bien-ete-tuees-par-un-loup,8613247.php

    [3] https://www.loupfrance.fr/la-chasse-au-loup-est-elle-possible-dans-les-zones-ou-il-est-protege-le-cas-finlandais/

    [4] https://aveyron.chambre-agriculture.fr/fileadmin/user_upload/Occitanie/065_Inst-Aveyron/documents/OVINS_VIANDE/2018-19/Cas-type_OV_Causse_Descriptif.pdf

    [5] https://www.google.com/url?sa=t&rct=j&q=&esrc=s&source=web&cd=1&ved=0ahUKEwiCweWOnIHcAhVLOhQKHeD9CKwQFggpMAA&url=http%3A%2F%2Fidele.fr%2F%3FeID%3Dcmis_download%26oID%3Dworkspace%3A%2F%2FSpacesStore%2Ffc3439ce-ac16-4bf8-a248-989effd07790&usg=AOvVaw3J3yi5nvYa-TxCHWYLR4OJ

    [6] http://www.faunesauvage.fr/non-classe/loup-en-charente-maritime-suite-aux-articles-desud-ouest-la-lpo-reagit-a-des-suppositions-de-destruction-de-brebis

    [7] https://www.ladepeche.fr/2019/12/17/quatre-brebis-retrouvees-egorgees-a-moulin-neuf,8609449.php

    [8] https://agriculture.gouv.fr/telecharger/105284?token=ee640c095462d3d4bfda6d0f7f0f60c5

    [9] http://www.europarl.europa.eu/RegData/etudes/STUD/2018/617488/IPOL_STU(2018)617488_EN.pdf

    [10] https://www.liberation.fr/planete/2019/12/24/quand-les-mammiferes-sauvages-perdent-leur-place_1769555

     

     

     

  • Ours : le Président renonce à de nouveaux lâchers mais la France reste tenue de restaurer une population viable …

    15 janvier, par Sandrine Andrieux association FERUS

    Sorita avant son lâcher dans les Pyrénées en octobre 2018. Photo Goulven Rigaud

    Communiqué de presse des associations FERUS et Pays de l’Ours-Adet, le 15 janvier 2020

    Le Président de la République a dit mardi aux opposants à l’ours pyrénéens qu’il n’envisageait pas de lâcher de nouveaux ours dans les Pyrénées.

    Il a ainsi confirmé ce qui était déjà écrit dans la feuille de route « Pastoralisme et Ours » le 6 juin 2019 : « Dans les conditions actuellement connues de l’état de conservation de la population d’ours, l’Etat n’engagera pas de nouvelle réintroduction, sauf en cas de mortalité, notamment liée à une cause anthropique (braconnage ou accident). »

    Le gouvernement actuel a autorisé le lâcher de deux ourses en Pyrénées Occidentales à l’automne 2018, prenant ainsi « sa part » pour éviter la disparition imminente de l’espèce dans cette partie des Pyrénées où il ne restait que 2 mâles. Il confirme aujourd’hui qu’il n’en fera pas plus, nous en prenons acte.

    Mais il faudra lâcher d’autres ours dans les Pyrénées pour respecter l’obligation légale de la France de restaurer une population viable d’ours, comme l’a confirmé le Tribunal Administratif de Toulouse en condamnant l’Etat pour manquement à son obligation de protection de l’ours le 6 mars 2018.

    Nous regrettons que l’Etat cède une fois de plus, même temporairement, à la frange la plus radicale et violente des représentants agricoles, et on peut s’étonner que le Chef de l’Etat ait reçu plusieurs personnes devant bientôt comparaître devant le Tribunal correctionnel de Pau suite au saccage de la Commune d’Etsaut le 29 août 2018.

    Par ailleurs, nous contestons formellement le bilan des dégâts d’ours avancé par les opposants et nous appelons l’Etat a publier les vrais chiffres, y compris financiers, en distinguant les bêtes pour lesquelles on a la preuve de la responsabilité de l’ours et celles, très majoritaires, pour lesquelles aucun élément tangible ne met l’ours en cause. Chacun pourra alors constater la réalité du système d’indemnisation, a fortiori depuis les revalorisations obtenues en 2019 que les opposants « oublient » de mentionner.

    L’Office Français de la Biodiversité (OFB, ex ONCFS) publiera ce printemps les résultats du suivi de la population d’ours pour l’année 2019. L’effectif recensé devrait se situer entre 40 et 50 ours pour l’ensemble des Pyrénées, ce qui en fait la population d’ours la plus menacée d’Europe. Pas de quoi donner des leçons d’environnement à la Terre entière …

    Des efforts restent donc indispensables pour assurer un avenir durable à l’espèce emblématique du patrimoine pyrénéen. Les associations, soutenues par une large majorité des Français comme des Pyrénéens, y veilleront et mobiliseront tous les moyens légaux et pacifiques nécessaires pour y parvenir.

  • Bénévolat : bienvenue à Parole de lynx !

    13 janvier, par Sandrine Andrieux association FERUS

    Photo Eric Durr

    Phase test de Parole de lynx en été 2019

    Parole de lynx, programme d’écobénévolat

    Programme associatif d’information et de communication sur le lynx dans les Vosges et le Jura.

    En 2020, l’association FERUS lancera son nouveau programme éco-bénévolat : PAROLE DE LYNX, programme d’information et de communication sur le lynx.

    Fortement préoccupé par l’avenir incertain du lynx en France, FERUS souhaite mettre en œuvre dans les massifs du Jura et des Vosges un programme de communication d’envergure, afin de mieux faire connaître le lynx et de sensibiliser le grand public sur la nécessité de sa protection et sur les menaces qui pèsent sur elle.

    Ce programme « Parole de Lynx » s’appuiera donc dans sa conception et dans sa logistique sur les expériences réussies que sont « Parole d’Ours » depuis 2008 et « Parole de Loup » depuis 2015.

    En été 2020, l’équipe de Parole de Lynx ira à la rencontre des habitants et touristes sur les marchés, fêtes et auprès des commerçants… L’objectif sera de distribuer de nombreuses plaquettes d’informations concernant le lynx, mais aussi et surtout, de dialoguer, répondre aux questions et recueillir le sentiment de chacun au travers notamment d’un questionnaire.

    Afin de préparer au mieux le lancement en grandeur réelle en 2020, FERUS a mis en œuvre un programme « test » en 2019 avec trois équipes composées d’administrateurs. L’accueil réservé a été globalement très bon et l’action encouragée.

    Alors, Si vous aussi vous souhaitez agir concrètement pour la conservation du lynx, rejoignez nous dès cet été en tant qu’écobénévole !

    Contact : benevolatferus.loup@ferus.org / 0750699890

    Rendez-vous en été 2020 pour la première saison de Parole de lynx (le dossier d’inscription sera disponible à partir du printemps 2020). Merci !

    ==>> Brochure « Vous êtes au pays du lynx ! « 

    ==>> Plaquette 16p. Le lynx en France

    Ils nous soutiennent :

  • La Gazette des grands prédateurs n° 74 (décembre 2019)

    7 janvier, par Sandrine Andrieux association FERUS

    Décembre 2019

    Éditorial par Pierre Peyret, coordinateur loup et vice-président de FERUS, accompagnateur en montagne

    “Le monde ne mourra pas par manque de merveilles, mais uniquement par manque d’émerveillement” Vincent Munier

    Sur les petites routes du Vercors où la résistance est presque un ADN – et pas seulement dans l’Histoire de l’Homme puisque des espèces relictuelles telles que le lagopède alpin, témoin d’une époque glacière révolue, s’accrochent désespérément – je repense à cette projection à laquelle je viens d’assister aux côtés de confrères accompagnateurs en montagne. Vincent Munier présentait dans le cadre du festival du film de Montagne d’Autrans : “Ours, simplement sauvage”, tourné dans la Cordillère Cantabrique, là même où l’on s’inquiétait aussi il y a 30 ans de sa population en danger critique d’extinction. Auprès de Jean-François Noblet (1) venu le saluer, j’y ai entendu et ressenti au delà de ce sursaut d’entrée en résistance, une véritable envie d’émerveillement. Je pourrais faire la liste des actions que FERUS mène depuis si longtemps pour nos grands prédateurs, mais les faits, les chiffres, les prises de positions politiques, la volonté de contenir, de réguler, d’empêcher de s’épanouir finissent par être anxiogènes, et deviennent pour vous, pour moi, un frein à l’émerveillement. On sent pourtant que les évènements s’accélèrent et chacun fait ou doit faire désormais ce constat : la protection de l’environnement, notre environnement, ne peut plus être une simple posture politique. Nous devons l’intégrer de manière transversale à toute forme de lutte pour la survie désormais. Ce n’est plus un choix, c’est un mouvement. Il y aura toujours des résistances mais l’accélération vertigineuse de cette érosion légitime très largement les combats que vous menez à nos côtés. N’en doutez pas un instant. Alors j’ai plutôt envie, dans cette période de communion humaine que constitue l’arrivée de Noël, de vous convier à partir vous émerveiller.

    Sortez, allez marcher, observer, découvrir, là, tout près de chez vous, au bord d’une mangeoire, dans cette haie, ces traces sur le chemin, ces bruits dans votre bivouac qui vous ont laissé sur votre faim, ou plus loin encore si le cœur vous en dit. Car c’est cet émerveillement de tous les jours, cette joie de redécouvrir le vivant à votre porte qui vous rendent si efficace pour convaincre l’Autre qui s’interroge sur tout ce tourbillon. Le loup, l’ours, le lynx bien sûr mais aussi et surtout les territoires sur lesquels ces espèces ont besoin d’évoluer.

    Vous rendre utile en vous émerveillant ? Aidez FERUS et pas seulement en espérant nous voir gagner un combat juridique ! Rejoignez alors un réseau local, ou mieux créez-en un!

    Allez chercher le voisin pour qu’il sorte sur les traces du blaireau, du chevreuil et peut être du lynx, pour le voir à son tour s’émerveiller et se réapproprier cette Nature dont on a tous un besoin vital.

    Des merveilles il y en a, elles ont besoin de notre émerveillement pour les protéger.

    Au nom du Conseil d’administration de FERUS, je vous souhaite une belle et heureuse année 2020.

    (1) Agir pour la biodiversité tout autour de vous – 2019 Ed Plume de carottes

    Sommaire :

    • Info asso
    • Actus lynx. Faut-il s’inquiéter d’une future régulation du lynx en France ? Par Olivier Guder
    • Actus Ours. La seule solution pour la cohabitation, c’est la protection des troupeaux. Par Sabine Matraire
    • Actus loup. 96 loups tués en 2019… et toujours autant d’attaques de troupeaux. Par Sandrine Andrieux
    • Brèves du monde
    • En harmonie avec la panthère des neiges. Par Frédéric Larrey
    • Parole de loup, 5ème édition. Par Fannie Malet
    • Parole de lynx. Un bilan très positif du programme test. Par Olivier Guder
    • Le retour du loup sur le territoire jurassien. Sur place pendant une attaque de loup ? Par Sabine Matraire et Patrick Pappola
    • Vie et  mort d’une meute de loups dans le Mercantour. L’histoire du louveteau de Valberg. Par Thierry Schwab et Cédric Robion
    • La gestion du loup en France et en Italie. Deux pays et deux approches pas vraiment semblables ! Par Daniel Madeleine
    • Récit de scènes de chasse en montagne . Par Samuel Nugues
    • Règles de bonne conduite. Par Cinzia Sulli
    • Galerie. Aquarelles et dessins loup. Sophie Pencenat

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    Contactez la rédaction : gazette@ferus.org

  • La Gazette des grands prédateurs n° 74 (décembre 2019)

    7 janvier, par Sandrine Andrieux association FERUS

    Décembre 2019

    Éditorial par Pierre Peyret, coordinateur loup et vice-président de FERUS, accompagnateur en montagne

    “Le monde ne mourra pas par manque de merveilles, mais uniquement par manque d’émerveillement” Vincent Munier

    Sur les petites routes du Vercors où la résistance est presque un ADN – et pas seulement dans l’Histoire de l’Homme puisque des espèces relictuelles telles que le lagopède alpin, témoin d’une époque glacière révolue, s’accrochent désespérément – je repense à cette projection à laquelle je viens d’assister aux côtés de confrères accompagnateurs en montagne. Vincent Munier présentait dans le cadre du festival du film de Montagne d’Autrans : “Ours, simplement sauvage”, tourné dans la Cordillère Cantabrique, là même où l’on s’inquiétait aussi il y a 30 ans de sa population en danger critique d’extinction. Auprès de Jean-François Noblet (1) venu le saluer, j’y ai entendu et ressenti au delà de ce sursaut d’entrée en résistance, une véritable envie d’émerveillement. Je pourrais faire la liste des actions que FERUS mène depuis si longtemps pour nos grands prédateurs, mais les faits, les chiffres, les prises de positions politiques, la volonté de contenir, de réguler, d’empêcher de s’épanouir finissent par être anxiogènes, et deviennent pour vous, pour moi, un frein à l’émerveillement. On sent pourtant que les évènements s’accélèrent et chacun fait ou doit faire désormais ce constat : la protection de l’environnement, notre environnement, ne peut plus être une simple posture politique. Nous devons l’intégrer de manière transversale à toute forme de lutte pour la survie désormais. Ce n’est plus un choix, c’est un mouvement. Il y aura toujours des résistances mais l’accélération vertigineuse de cette érosion légitime très largement les combats que vous menez à nos côtés. N’en doutez pas un instant. Alors j’ai plutôt envie, dans cette période de communion humaine que constitue l’arrivée de Noël, de vous convier à partir vous émerveiller.

    Sortez, allez marcher, observer, découvrir, là, tout près de chez vous, au bord d’une mangeoire, dans cette haie, ces traces sur le chemin, ces bruits dans votre bivouac qui vous ont laissé sur votre faim, ou plus loin encore si le cœur vous en dit. Car c’est cet émerveillement de tous les jours, cette joie de redécouvrir le vivant à votre porte qui vous rendent si efficace pour convaincre l’Autre qui s’interroge sur tout ce tourbillon. Le loup, l’ours, le lynx bien sûr mais aussi et surtout les territoires sur lesquels ces espèces ont besoin d’évoluer.

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    Des merveilles il y en a, elles ont besoin de notre émerveillement pour les protéger.

    Au nom du Conseil d’administration de FERUS, je vous souhaite une belle et heureuse année 2020.

    (1) Agir pour la biodiversité tout autour de vous – 2019 Ed Plume de carottes

    Sommaire :

    • Info asso
    • Actus lynx. Faut-il s’inquiéter d’une future régulation du lynx en France ? Par Olivier Guder
    • Actus Ours. La seule solution pour la cohabitation, c’est la protection des troupeaux. Par Sabine Matraire
    • Actus loup. 96 loups tués en 2019… et toujours autant d’attaques de troupeaux. Par Sandrine Andrieux
    • Brèves du monde
    • En harmonie avec la panthère des neiges. Par Frédéric Larrey
    • Parole de loup, 5ème édition. Par Fannie Malet
    • Parole de lynx. Un bilan très positif du programme test. Par Olivier Guder
    • Le retour du loup sur le territoire jurassien. Sur place pendant une attaque de loup ? Par Sabine Matraire et Patrick Pappola
    • Vie et  mort d’une meute de loups dans le Mercantour. L’histoire du louveteau de Valberg. Par Thierry Schwab et Cédric Robion
    • La gestion du loup en France et en Italie. Deux pays et deux approches pas vraiment semblables ! Par Daniel Madeleine
    • Récit de scènes de chasse en montagne . Par Samuel Nugues
    • Règles de bonne conduite. Par Cinzia Sulli
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