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Articles

  • 121 loups à tuer en 2020

    30 octobre, par Sandrine Andrieux association FERUS

    Un nouvel arrêté de tir de loups a été signé ce 23 octobre par les ministères de l’Environnement et de l’Agriculture, et ce malgré l’avis défavorable à l’unanimité du Conseil National de Protection de la Nature. Alors que jusqu’à présent, 19 % de la population de loups pouvait être abattu annuellement, les pouvoirs publics français viennent d’introduire la possibilité de rehausser encore le plafond de 2 %, le portant dorénavant à 21 % !

    La population de loups en France étant estimée à 580 individus en 2020, ce sont donc 121 loups qui peuvent être abattus cette année. A ce jour, 96 loups ont déjà été décomptés

    L’Etat français reste focalisé sur les tirs de loups et s’entête à réguler l’espèce, ce qui est contraire aux lois européennes. Les tirs ne devraient en effet intervenir que si aucune autre solution n’a fonctionné : mais les moyens de protection des troupeaux mis en place ne sont pas contrôlés sur le terrain. Les moyens de protection des troupeaux doivent pourtant rester un préalable aux tirs de loups (Directive européenne Habit-Faune-Flore). Aujourd’hui, des tirs sont ainsi réalisés sur des troupeaux peu ou pas protégés (les pouvoirs publics continuent de penser que des filets électriques d’à peine 80 cm de hauteur sont efficaces alors que l’Allemagne recommande au moins 1,20 m).

    Rappelons que les tirs de loups sont inefficaces et contre-productifs en terme de baisse de la prédation sur les troupeaux ; une étude sur l’efficacité des tirs sera terminée en… 2021 : quid du principe de précaution ?

    Ce rehaussement du plafond est inacceptable, d’autant plus que les dernières données du réseau loup (OFB) ont montré une croissance ralentie de l’espèce (9% au lieu de 22 % l’année précédente). Cette politique de tirs intensive menace la conservation du loup à terme en France. Ce ralentissement de la croissance devrait amener les pouvoirs publics à la prudence au lieu d’augmenter le plafond de loup pouvant être abattus… Par ailleurs, un taux de croissance de 9 % est trop bas pour une espèce en voie d’expansion : de nombreux habitats naturels favorables au loup restent totalement ou quasi vides de loups (massifs montagneux hors Alpes et forêts de plaines notamment).

    ==>> Arrêté du 23 octobre 2020 fixant le nombre maximum de spécimens de loups (Canis lupus) dont la destruction pourra être autorisée chaque année

    ==>> Arrêté du 23 octobre 2020 fixant les conditions et limites dans lesquelles des dérogations aux interdictions de destruction peuvent être accordées par les préfets concernant le loup (Canis lupus)

     

  • Hautes-Pyrénées : à la demande des associations, le Préfet renonce à l’effarouchement de l’ours Goiat

    29 octobre, par Sandrine Andrieux association FERUS

    L’ours Goiat

    Communiqué, 29 octobre 2020

    Hautes-Pyrénées : A la demande des associations, le Préfet renonce à l’effarouchement de l’ours Goiat

    Suite au recours gracieux déposé par les associations de protection de la nature et de l’environnement, le Préfet des Hautes-Pyrénées a décidé d’abroger les arrêtés autorisant l’effarouchement renforcé de l’ours « Goiat ».

    Dans ce recours, nous exposions les raisons pour lesquelles cette autorisation d’effaroucher Goiat n’était ni justifiée ni conforme au droit, et nous informions le Préfet de notre intention de saisir le Tribunal Administratif s’il ne revenait pas sur cette décision.

    Nous saluons l’attention et l’écoute du Préfet des Hautes-Pyrénées. Nous espérons que cette sagesse se prolongera et inspirera d’autres Préfets qui cèdent souvent et trop rapidement à la tentation de « taper sur les ours » plutôt que de renforcer les moyens pour une cohabitation apaisée, pourtant possible avec la collaboration de tous les acteurs.

    Malheureusement, cette sagesse est encore rare et nos associations ont dû se résoudre à déposer des recours contre de nombreux autres arrêtés d’effarouchement le long de la chaîne :

    • 1 en Hautes-Pyrénées

    • 2 en Haute-Garonne

    • 15 en Ariège qui détient le triste record du nombre d’arrêtés d’effarouchement, sans que cela n’influe sur les attaques d’ours, ce qui en démontre bien l’inutilité.

    Par ailleurs, nous avons également déposé un recours devant le Conseil d’Etat contre le Décret ministériel qui permet aux Préfets d’autoriser ces effarouchements inutiles et dangereux.

    S’il nous donne raison comme nous l’espérons, il faudra bien revenir à la raison et revoir enfin les modalités de la cohabitation entre l’élevage et l’ours dans les Pyrénées sur des bases constructives.

    Les associations :

    Animal Cross, ASPAS, FERUS, FIEP Groupe Ours Pyrénées, France Nature Environnement Hautes Pyrénées, Nature en Occitanie, Pays de l’Ours – Adet , Société Française pour l’Etude et la Protection des Mammifères, Société Nationale de Protection de la Nature.

  • Loup dans le Vaucluse : stop à la surenchère des tirs ! Les associations déposent un recours

    6 octobre, par Sandrine Andrieux association FERUS

    Mise à jour du 9 octobre 2020  : ce 9 octobre, le tribunal administratif de Nîmes a rejeté  le recours en référé de la LPO PACA et de l’association FERUS qui demandaient l’annulation de l’arrêté préfectoral.

    • FERUS et la LPO PACA actent de la décision du tribunal mais  nous ne baissons pas les bras, la procédure se poursuit sur le fond. Nous espérons qu’avec plus de temps de réflexion, le tribunal administratif nous donnera raison.
    • Nous espérons qu’il n’y aura pas de deuxième arrêté si les tirs échouent. En effet, les troupeaux quittent les estives.
    • Les tirs de prélèvements doivent rester une exception et non une option de facilité. L’arrêté cadre ministériel, prévu pour 2020 mais pas encore paru, renforce d’ailleurs les conditions pour déclencher ce type de tir (« Limitation du tir de prélèvement aux cas de dommages exceptionnels, après avis du préfet coordonnateur, en cas d’échec de deux tirs de défense renforcée (art. 22). En lien avec le caractère exceptionnel de ce type de tir, l’envoi au préfet du bilan de chaque opération sera exigé à l’issue de celle-ci et non plus en fin d’année (art. 29). »)

    Communiqué de la LPO PACA et FERUS, 6 octobre 2020

    Ce 28 septembre, le préfet du Vaucluse a signé un arrêté de tir de prélèvement pour abattre deux loups dans le Ventoux, arrêté modifié le 30 septembre. Les tirs de prélèvement permettent de tuer des loups, loin des troupeaux et hors action de prédation.

    Pourquoi une telle décision alors que dans les autres départements, davantage concernés par la présence et la prédation du loup, ce genre d’autorisation est devenu rarissime ?

    Si nous comprenons parfaitement les réelles difficultés des éleveurs pour s’adapter à la présence du loup, dans un contexte économique lourd, nous ne pouvons rester inactifs face à cette surenchère destructrice et inutile. Tuer des loups au hasard, loin des troupeaux, risque de déstructurer une meute et amener les loups survivants à privilégier la prédation d’animaux domestiques, plus facile d’accès pour des individus isolés. Moins de loups et plus d’attaques, une logique insensée, qui ne profite ni aux éleveurs, ni à la nature !

    Par ailleurs, début septembre, le préfet du Vaucluse a déjà signé un arrêté de tir de défense renforcée dont le but est d’abattre un loup à proximité d’un troupeau. Cet arrêté est encore en cours et ce genre de tir s’est révélé redoutablement efficace*. Pour les associations, il est légitime de s’interroger sur l’intérêt réel de cette nouvelle autorisation de tir de prélèvement alors que les troupeaux vont quitter les estives. La préfecture a-t-elle cédé à d’autres pressions que celles des éleveurs ? Veut-elle empêcher l’installation naturelle de l’espèce dans le secteur ?

    Face à cette réponse surdimensionnée, inutile et contre-productive, la LPO PACA et FERUS vont déposer un recours au Tribunal administratif de Nîmes.

    Le loup est un maillon indispensable de la bonne santé des espaces naturels, en particulier forestiers. Si la cohabitation avec l’homme peut être difficile, tout doit être mise en œuvre pour la faciliter.

    * En 2020, 79 loups ont déjà été abattus dont une majorité en tir de défense renforcée (quelques autres en tir de défense simple). Il n’y a que deux arrêtés de tirs de prélèvement actuellement actifs en France (dans le Var).

     

  • Ourses Claverina et Sorita : 2 ans déjà ! Le temps d’un premier bilan

    5 octobre, par Sandrine Andrieux association FERUS

    Sorita dans les Pyrénées. Photo FIEP

    Communiqué de FERUS, 4 octobre 2020  

    Claverina et Sorita, deux ourses slovènes, ont été lâchées les 4 et 5 octobre 2018 sur le sol béarnais.

    Quel bilan pouvons-nous dresser rétrospectivement de cette opération ?

    • Une valeur inestimable : ce fut le retour des ourses en Béarn où il ne restait plus que des mâles depuis 14 ans.

    • Maintien du savoir-faire béarnais en matière de pastoralisme : une protection et une conduite des troupeaux adaptées au plantigrade et minimisant les pertes par prédation.

    • Peu de dégâts dus à l’ours. Ces ourses se sont révélées très peu prédatrices. Le maintien des pertes en Béarn à un niveau très bas montre la voie à suivre en matière de gestion des protections et de conduite des troupeaux.

    Pour autant, ces 2 ans n’ont pas encore vu les reproductions tant attendues, la faute à la frilosité de l’Etat.

    Les recommandations du Muséum National d’Histoire Naturelle n’ont pas été suivies. Ce dernier préconisait le lâcher de 4 femelles à minima, de 3 mâles et 10 femelles à l’idéal.

    – Le risque d’infanticide de la part de mâles désirant s’accoupler a été avéré avec la disparition des 2 oursons de Sorita. Le respect de ces préconisations aurait permis de minimiser ce risque. Elles se basaient sur la présence de 2 mâles en 2013. Maintenant d’autres mâles arrivent en Béarn, déséquibrant d’autant le sex-ratio et augmentant le risque d’infanticide.

    – Rappelons aussi que sur 6 femelles lâchées en Pyrénées centrales, seules 3 ont connu une descendance ; il n’y a donc aucune marge de sécurité pouvant garantir la viabilité démographique en Béarn.

    A ces facteurs défavorables s’ajoutent le non-respect par l’Etat de ses propres engagements :

    • En 2018, la France faisait l’objet d’une mise en demeure de la part de la Commission Européenne et venait de perdre un procès intenté par les associations FERUS et Pays de l’Ours-ADET, au sujet de la conservation de l’ours. Le lâcher des 2 femelles et la publication du plan ours 2018-2028 ont permis la suspension de cette mise en demeure début 2019.

    • Depuis, le chef de l’Etat s’est engagé, auprès de la fraction la plus radicalisée de l’élevage, à ne plus pratiquer de lâchers pour restaurer la population d’ours, pourtant prévus, si nécessaire, dans le plan ours.

    • Des évaluations régulières du statut de conservation devaient être réalisées par les autorités scientifiques. Aucune n’a été faite à ce jour. Pourtant les motifs ayant motivé le classement de l’espèce en statut « défavorable inadéquat » sont toujours là :

      *démographie et génétique en Béarn, même si la disparition n’est plus inéluctable.

      *génétique en Pyrénées Centrales dû au faible nombre d’individus fondateurs, aggravé depuis avec la probable disparition de la lignée Balou-Cachou, sans descendance connue à ce jour.

    • L’Etat n’a pas annoncé ni réalisé à ce jour le remplacement de l’ours tué par balles en Ariège en juin 2020, contrairement aux engagements du plan ours.

    La disparition de facto du volet « conservation » du plan ours pourrait incessamment montrer à la Commission Européenne que ce dernier n’était qu’un artefact destiné à la suspension de la mise en demeure vis à vis de la France…

    Les lâchers de 2018 étaient indiscutablement indispensables et vitaux pour l’avenir de l’ours dans les Pyrénées. Cependant, la sauvegarde de l’ours n’est toujours pas acquise. FERUS continuera d’agir et de mobiliser pour la restauration de ce patrimoine naturel et national.

  • Troupeaux de montagne peu protégés : c’est le loup qui trinque !

    5 octobre, par Sandrine Andrieux association FERUS

    Moutons sans protection malgré un Tir de Défense Renforcée au Mont – Les Villards sur Thônes

    Photo Nathalie Masson

    Communiqué des associations Animal Cross, ASPAS, FERUS, FNE ARA, LPO ARA et One Voice – 5 octobre 2020

    Le département de la Haute-Savoie est le théâtre de 71 tirs de défense, dont deux renforcés, pour une population lupine estimée à une vingtaine d’individus. Deux loups ont déjà été tués sous ce régime cette année, l’un aux Villards-sur-Thônes, et l’autre sur le plateau de Cenise.

    Or les tirs de défense ne peuvent être ordonnés que sous condition de protection du troupeau (Arrêté ministériel du 19/02/19), sauf lorsque celui-ci est considéré comme improtégeable par la DDT. C’est le cas des troupeaux de bovins, fort étonnamment, ce qui conduit la DDT et la préfecture à autoriser des tirs multiples, comme à plaine de Dran sur les Glières, où dix-huit tireurs peuvent se relayer, avec l’appui de lieutenants de louveterie, sur huit espaces proches et contigus (arrêtés préfectoraux DDT-2020-0863, DDT-2020-0864, DDT-2020-0865, etc…).

    Même si le montage juridique rend cette situation inattaquable, elle heurte le bon sens commun, d’autant plus que c’est seulement pendant leurs premières semaines que les veaux sont réellement exposés à la prédation ; les solutions sont les enclos de vêlage comme en Espagne, des parcs légers électrifiés, la présence d’une vache de race Hérens, mais aussi la surveillance par un berger, comme cela se pratiquait autrefois.

    Concernant les ovins et caprins, nos associations de protection de la nature (APN) constatent que les conditions de protection prévues dans les arrêtés préfectoraux ne sont bien souvent pas réunies : chèvres en divagation permanente à Bernex, brebis sans aucune protection de jour aux Villards sur Thônes, etc… Nous détaillons nos constats dans cet article (ICI).

    Le CNPN (Conseil National de Protection de la Nature) a pourtant bien rappelé dans sa Délibération n° 2020-19 de Juillet 2020 que la seule politique en France consiste à « freiner la croissance de l’espèce » et a rappelé « son inquiétude sur la capacité de l’administration à vérifier sur le terrain la mise en place effective des dispositifs de protection ».

    Nous dénonçons ainsi la faiblesse des contrôles préventifs sur le terrain, nous dénonçons que les tirs soient privilégiés par les services de l’Etat par rapport à la protection, nous dénonçons de nombreux « appâts » à loups sur tout le département (moutons en dehors des parcs, parcs non fermés ou clos sur trois côtés seulement, etc…), nous dénonçons tous ces grands troupeaux d’ovins venant de lointains départements, difficiles à protéger et élevés pour la viande (effet des subventions de la PAC *), nous dénonçons ​que sous prétexte « d’agribashing » les éleveurs, encouragés par le préfet (**), saisissent les tribunaux à l’encontre des APN qui ne font que montrer la réalité.

    C’est le loup qui paie un lourd tribut à cette politique laxiste : 82 loups exécutés au 25 septembre 2020 sur le territoire national.

    (*) la moyenne des subventions annuelles des éleveurs déplaçant leurs troupeaux en Haute-Savoie, et ayant obtenu des tirs, est de l’ordre de 132.000 euros/an
    (**) compte-rendu du comité départemental loup de Haute-Savoie du 9 décembre 2019

    Aucune protection sur la plaine de Dran – Glières

    ==>>Gestion de la cohabitation du Loup et des activités pastorales : mieux protéger les troupeaux et reconnaître l’utilité du loup

    ==>> Quelques vidéos édifiantes

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