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  • L’ours brun des Pyrénées n’est pas le grizzly américain !

    27 août, par Sandrine Andrieux association FERUS

    Photo Frank Fichtmüller/Getty

    Faire feu de tout bois jusqu’à l’obscurantisme

    Alors qu’un randonneur français vient d’être mortellement attaqué par un grizzly au Canada, une mise au point s’impose : dès les premiers lâchers d’ours en 1996 et 1997, davantage encore en 2006 et tout récemment avec le lâcher des deux femelles en octobre 2018, les opposants ont fait feu de tout bois pour affoler la population sur la dangerosité supposée des ours des Pyrénées, en particulier pour les randonneurs.

    Ils n’ont jamais hésité à raconter les fables les plus invraisemblables, jouant sur l’obscurantisme pour tenter de créer une opposition à l’ours qui reste néanmoins très faible avec 64 % à plus de 80% d’opinions favorables à l’ours dans les Pyrénées : quel autre sujet de politique nationale ou locale parvient à des chiffres d’adhésion aussi massifs ? Manier l’arme de la peur ne changera pas grand chose. (Sources : sondages IFOP de Février 2018, 2008, 2005, 2003, ARSH opinion 2004, SOFRES 1992 et onze sessions annuelles du programme “Parole d’ours”)

    Comportement approprié

    Les montagnards béarnais chez lesquels jamais l’ours n’a complètement disparu savent d’ailleurs très bien comment réagir face à l’animal. Une Aspoise, ancienne habitante d’Urdos, raconte sa rencontre avec l’ours entre le village et l’ancienne gare des Forges d’Abel : « Mon père, il me l’avait toujours dit : si tu rencontres l’ours, il faut être polie avec lui, bien polie… Alors moi : Eh bien bonjour Monsieur l’ours, vous êtes bien matinal aujourd’hui… je lui ai dit. » et elle lui répéta ces paroles jusqu’à pouvoir le dépasser sans encombres. (Source : « Le loup, l’ours et le pastou », Louis Espinassous, éditions Cairn-PNP, 2005, page 57)

    Ce comportement est empreint d’un bon sens paysan qui correspond exactement à l’attitude la plus appropriée si l’ours se trouve sur votre chemin : ne pas s’affoler, ne pas courir, ne pas crier, se manifester calmement. En lui parlant, c’est parfait.

    Des rencontres qui se terminent plutôt bien

    Le plus souvent, une fois que l’ours vous entend, vous sent, vous voit éventuellement, il détale et disparait. Ainsi ce randonneur qui pratiquait le GR 10 il y a quelques années et témoignait quelques jours après sa rencontre avec l’animal dans les Hautes Pyrénées :

    « Le 16 juillet en quittant le gîte, dans la forêt, j’ai rencontré un ours brun à 20 mètres environ. On s’est regardé, ensuite il s’est sauvé car il avait peur de moi. » (Source : Michel Bruno, 2010, témoignage recueilli lors du programme de FERUS “Parole d’ours” par P.P)

    Il faut en effet remettre les choses en juste proportion : 300 ours en Espagne, une centaine en Italie, aucun décès.

    Par contre en neuf ans, rien que sur le versant français, on recense au moins une quinzaine de randonneurs grièvement blessés, et un tué, par … des bovins en estives. Des vaches accompagnées de veaux notamment.

    Ours d’Europe / grizzly : des différences de taille

    Un grand soin a été pris en ce qui concerne l’origine des plantigrades relâchés dans les Pyrénées. Ils font tous partie de la lignée européenne « Ouest » qui inclut l’Espagne, les Pyrénées et remonte jusqu’en Scandinavie (Suède) pour se terminer à l’est en Bulgarie sans atteindre la Roumanie. La Slovénie, pays d’origine de la totalité des onze ours relâchés dans les Pyrénées depuis 1996, est totalement incluse dans cette « lignée ouest ».

    La distance génétique entre un ours pyrénéen originel et un ours des Cantabriques espagnoles est de 2,1 %, elle n’est que de 2,8 % entre le pyrénéen et le slovène. Elle monterait à 3,2 % avec ses congénères bulgares de la même lignée mais à plus de 6% avec la « lignée est » de Roumanie par exemple. Voilà pourquoi ce ne sont pas des ours roumains qui ont été choisis pour les Pyrénées, encore moins des grizzlys !

    La distance génétique est un indice quantitatif de la similitude génétique entre deux populations. Elle est calculée à partir des différences observées sur certaines parties de l’ADN. Le Grizzly américain et l’Ours brun d’Europe font partie de la même espèce, ils pourraient donc se reproduire entre eux. Mais la distance génétique entre la population d’ours bruns européens de la lignée ouest et la population d’ours bruns de la lignée américaine (grizzlys) est de l’ordre de 7,5%. L’origine de la séparation de ces deux lignées remonte à environ 850 000 ans. (source : “Plan de renforcement et de restauration de l’ours brun dans les Pyrénées” – 2006-2009 – pages 83 à 85)

    De ce fait, le grizzly a une morphologie différente, il est plus grand que l’ours brun d’Europe et son comportement vis à vis de l’homme est totalement différent. Ses activités sont par exemple bien moins nocturnes que chez l’ours européen. Pour le grizzly, l’homme est exceptionnellement une proie potentielle mais pour l’ours brun d’Europe, l’homme est un concurrent potentiel. La nuance est elle aussi de taille. Jamais on n’a vu d’ours européen suivre l’homme pour s’emparer de son pique-nique voire pour en faire une proie.

    Ainsi, dans les Pyrénées, sur 495 cas de rencontres homme-ours relevés entre 1996 et 2010, l’ours détecte l’homme et s’enfuit dans 79% des cas. Les quatre cas d’agressivité relevés concernent une femelle accompagnée de ses oursons et ne se sont traduits que par des charges d’intimidations. (source : ONCFS, « Bilan des rencontres hommes-ours dans les Pyrénées de 1996 à 2010).

    De même, en Slovénie, avec plus de 600 (!) ours côtoyant de près les activités humaines sur un territoire bien plus exigu que les Pyrénées, les cas d’agression sont rarissimes voire inexistants.

    L’ours des Pyrénées, un bienfait pour les Pyrénées

    N’en déplaise à quelques élus dénués d’imagination et de sens du territoire, la présence de l’ours dans les Pyrénées n’est pas un obstacle mais un atout pour la randonnée : aujourd’hui, nombreux sont les randonneurs qui choisissent les Pyrénées dans l’espoir de voir un ours ou de tomber sur ses indices de présence. Plusieurs guides, l’association “Pays de l’ours” ou même la commune d’Etsaut en vallée d’Aspe, proposent avec succès des randonnées respectueuses de l’ours et sur les traces de ce dernier, loin, très loin de l’agitation obscurantiste basée sur la peur tentée par quelques opposants en mal d’arguments : plus de 40 ours sont actuellement présents dans les Pyrénées, où sont les cas d’agression de randonneurs ? Les faits sont têtus et avec un minimum d’honnêteté intellectuelle, les fantasmes et les mensonges se fracassent face à la simple observation de ce qui se passe réellement sur le terrain pyrénéen.

  • Un commando armé contre le loup. Ou comment l’indifférence des pouvoirs publics engendre encore des exactions d’une minorité anti-nature

    26 août, par Sandrine Andrieux association FERUS

    Mise à jour du 27 août : la préfète des Hautes-Alpes a reçu une délégation d’éleveurs. Le parquet de Gap a quant à lui ouvert une enquête  » pour association de malfaiteurs en vue de commettre le délit de destruction d’une espèce protégée en bande organisée ».

    Communiqué de FERUS, 26 août 2019

    Un commando armé contre le loup. Ou comment l’indifférence des pouvoirs publics engendre encore des exactions d’une minorité anti-nature

    Un commando armé et portant des cagoules vient d’envoyer aux médias une vidéo dans laquelle il menace d’entrer en action contre le loup.

    C’est tout bonnement un simulacre ridicule et pitoyable des manifestations terroristes du FLNC qu’on a pu voir dans le passé.

    Nous rappelons avant tout que la destruction d’une espèce protégée est un délit puni par l’article L 415-3 du code de l’Environnement, sanctionné d’une peine de 2 ans de prison et/ou de 150 000 euros d’amende. En cas de destruction « en bande organisée », la sanction peut aller jusqu’à 7 ans d’emprisonnement et 750 000 € d’amende.

    Cette nouvelle violence anti-loup, ajoutée à celle qu’on peut voir contre l’ours dans les Pyrénées, n’est que le résultat de l’indifférence des services de l’Etat face à ces agissements de délinquants, perpétrés depuis des années.

    Nous espérons que les pouvoirs publics réagiront fermement à cette politique de la terreur et ouvriront une enquête. Dans le cas présent, il ne doit pas être difficile de reconnaître ces individus armés. L’Etat français doit mettre fin à l’impunité qui règne dans certaines vallées alpines et pyrénéennes

    Nous soulignons que la politique de tirs de loup, qu’on nous a toujours vendue comme acheteuse de la paix sociale, ne fonctionne pas de ce côté-là vu que cette minorité opposée à la nature en demande toujours plus. Elle ne fait pas baisser la prédation non plus, seuls les moyens de protection des troupeaux ont ce pouvoir. Rappelons que ces moyens de protection sont financés par les pouvoirs publics, donc financés avec l’argent des contribuables, ceux là mêmes qui veulent en majorité des loups en France et s’opposent à leur régulation (résultats sondage, consultations publiques, etc.).

    Enfin, que dire d’une certaine presse qui relaie sans s’indigner ce type de d’images violentes ?

     

  • La cohabitation avec l’ours est possible

    21 août, par Sandrine Andrieux association FERUS

    © Daniel Trinquecostes

    Les associations de CAP – Ours Coordination Associative Pyrénéenne pour l’Ours
    Pyrénées, Pays des Hommes, Pays des Ours

    Les associations aragonaises et espagnoles SEO Birdife, Amigos de la tierra, Fundación para la conservación del Quebrantahuesos, FAPAS, FOP.

    Communiqué du 21 août 2019 : La cohabitation avec l’ours est possible

    L’ours brun et l’élevage de montagne sont deux éléments indissociables de l’écosystème pyrénéen, patrimoine naturel et culturel de ses habitants.

    L’ours brun ne peut servir d’otage face aux difficultés de l’élevage de montagne pour s’adapter au nouveau contexte de l’exode rural, du manque de main d’œuvre, des maladies et des règlements sanitaires, de la concurrence féroce des importations de viande à bas prix dans le contexte de la mondialisation. L’ours n’a créé aucun des problèmes actuels qui rendent difficile la rentabilité de l’élevage extensif dans les Pyrénées.

    Au lieu d’accuser l’ours de tous les maux pour réussir l’union du secteur de l’élevage et obtenir davantage d’appuis et davantage d’aides de la part des politiques, notre proposition est la suivante :

    promouvoir un « contrat » avec le secteur de l’élevage pour apporter des réponses non seulement au retour de l’ours brun mais aussi à son propre avenir.

    Une démonstration existe depuis de nombreuses années, dans les Monts cantabriques, où l’ours n’est pas l’ennemi des activités d’élevage de montagne. L’ours apporte une économie complémentaire aux territoires de montagne, en promouvant un tourisme de nature là où il habite.

    Si dans les Monts cantabriques on a pu obtenir ce résultat, on peut également y parvenir dans les Pyrénées.

    Cela fait des années que nos ONG font des propositions concrètes pour le maintien de l’élevage extensif en cohabitation avec l’ours et le loup, susceptibles de recevoir des aides, notamment européennes : promotion du regroupement nocturne et surveillance des troupeaux (chiens de protection) , amélioration des installations sur les estives (clôtures, abreuvoirs, cabanes), indemnisations justes et rapides, formation (conseil et information), augmentation des investissements, recherche et innovation sur les mesures de gestion du bétail et la réduction des dommages et aides à l’élevage extensif au titre des services éco systémiques (en explorant des instruments de financement européens et des incitations ou des exonérations fiscales).

    Pour se faire, il faut que les gouvernements des régions autonomes et les organisations agricoles veuillent bien se mettre au travail, avec une attitude responsable et constructive pour résoudre les problèmes concrets de l’éleveur et ne pas utiliser l’ours comme bouc émissaire dans un but électoraliste à courte vue.

    L’administration aragonaise lourde et bureaucratisée, souvent lente et inefficace dans la résolution de conflits, devrait se rapprocher de la réalité rurale en arbitrant des mécanismes efficients, en encourageant des mesures et des actions pour la cohabitation et réduire ainsi les incidents, que ce soit avec la faune sauvage ou les autres usages (touristiques). Elle doit respecter la Loi en matière de conservation d’espèces menacées comme doivent le faire tous les citoyens européens, y compris les gouvernements que nous avons élus démocratiquement.

    Les ONG espagnoles et françaises signataires réaffirment leur engagement envers tous les éléments de l’écosystème pyrénéen, symbolisés par l’ours et le berger.

    Signataire français : ONG de la coordination Cap Ours (Altaïr Nature, Animal Cross, Association Nature Comminges (ANC), Comité Écologique Ariégeois (CEA), Conseil International Associatif pour la Protection des Pyrénées (CIAPP), FERUS (Groupe Loup France/ARTUS), Fonds d’Intervention Eco- Pastoral – Groupe Ours Pyrénées (FIEP), France Nature Environnement (FNE), France Nature Environnement Hautes Pyrénées (FNE 65), France Nature Environnement Midi- Pyrénées (FNE Midi-Pyrénées), Nature en Occitanie, Pays de l’Ours-Adet (Association pour le Développement Durable des Pyrénées), Société d’Etude de Protection et d’Aménagement de la Nature dans le Sud Ouest – Pyrénées-Atlantiques (SEPANSO 64), Société nationale de protection de la Nature (SNPN), Société Française pour l’Etude et la Protection des Mammifères (SFEPM), Sours, WWF France.)

    Signataires espagnols : ONG de protection de la nature aragonaises et nationales : SEO Birdife, Amigos de la tierra, Fundación para la conservación del Quebrantahuesos, FAPAS, FOP

  • Ours : Nouvelle étape dans l’escalade de la violence, les opposants à l’ours menacent les touristes et randonneurs

    19 août, par Sandrine Andrieux association FERUS

    Communiqué de presse des associations FERUS et Pays de l’Ours-Adet, le 19 août 2019.

    Nouvelle étape dans l’escalade de la violence,
    les opposants à l’ours menacent les touristes et randonneurs

    Nouvelle étape franchie dans la stratégie de violence des anti-ours ariégeois, une affichette annonçant la chasse à l’ours et menaçant les touristes et randonneurs de balles perdues a été trouvée il y a quelques jours par des sympathisants associatifs locaux à Auzat, au départ du sentier menant à l’estive de Saleix.

    Cette menace est dans la continuité des exactions précédentes que nous rappelions récemment dans un communiqué au sujet desquelles nous dénoncions l’inaction de la Justice.

    Se sentant soutenus, voire encouragés, par l’incompréhensible tolérance de l’Etat et l’irresponsable soutien d’élus locaux, ils ne semblent avoir aucune limite dans leur stratégie de violence et de terreur.
    Après les insultes, les menaces, y compris envers des agents assermentés, après l’incendie cet été d’un véhicule de fonctionnaires, jusqu’où faudra t-il aller pour que l’Etat et la Justice se décident enfin à demander des comptes à ces quelques extrémistes violents, bien connus de tous ?

    De notre côté, nous avons décidé :

    • d’informer la Préfecture de l’Ariège de cet affichage illégal, en demandant à l’Etat d’assurer sa mission de protection de l’ours brun en tant qu’espèce protégée et menacée ;

    • d’en informer également le Procureur de la République de Foix, sans pour autant déposer plainte à ce stade, pour ne pas allonger la liste des affaires sans suite ;

    • d’appeler les randonneurs et promeneurs à maintenir la vigilance sur le terrain afin de détecter de possibles comportements et actions orientés contre l’ours.

    De leur propre aveu, il semble que les opposants à l’ours soient bien plus dangereux que les ours qu’ils dénoncent.
    Les vrais défenseurs de la montagne en respectent la (bio)diversité.

    Voir aussi :

  • Réédition plaquettes ours-loup-lynx

    12 août, par Sandrine Andrieux association FERUS

    Réédition des brochures 16 p. ours / loup et lynx.

    ==>> plaquette loup

    ==>> plaquette ours

    ==>> plaquette lynx

     

     

     

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