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  • RENARD : Confirmation de l’illégalité des tirs de nuit 2019 dans l’Eure

    18 septembre, par aspas

    Saisi par l’ASPAS, One Voice et le GMN, le Tribunal administratif de Rouen annule, dans son jugement n°1900868 du 18 septembre 2020, l’arrêté du préfet de l’Eure autorisant les lieutenants de louveterie à réaliser des tirs de renards de nuit  sur l’ensemble du département du 8 février 2019 au 31 décembre 2019 (suspendu en urgence en 2019), en considérant que :

    7. L’arrêté attaqué est motivé, outre l’absence de prédateur pour le renard, par la prédation que celui-ci exerce sur les perdrix grises et par les dommages occasionnés aux élevages avicoles. Il se fonde ainsi sur les motifs prévus au 1° et 2° de l’article L. 427-6 du code de l’environnement.

    8. D’une part, il ressort des pièces versées aux débats par le préfet de l’Eure, notamment un graphique et une étude émanant de la fédération départementale des chasseurs de l’Eure concernant la perdrix grise, que le nombre d’individus de cette espèce a diminué ces dernières années et que la cause des disparitions résulte pour partie seulement de la prédation, dont celle exercée par le renard sur les spécimens suivis. Cette même étude relève que les pertes d’individus, qui surviennent principalement durant les mois de mai et juin, peuvent être limitées en procédant à un réaménagement des parcelles agricoles, les nids étant implantés généralement à proximité immédiate de ces parcelles. Elle précise que l’identification du prédateur à l’origine de la destruction des nids demeure difficile. De surcroît, il ressort du schéma départemental de gestion cynégétique de l’Eure approuvé pour la période s’étendant de 2018 à 2024, produit par les requérantes, que la disparition de cette espèce est multifactorielle et tient essentiellement à la monoculture, l’agrandissement parcellaire, le machinisme agricole et la destruction des éléments fixes du paysage. Dans ces conditions, et en dépit de la prédation qu’exerce le renard sur la perdrix grise, compte tenu des autres facteurs de destruction de cette espèce, il ne ressort pas du dossier que le renard représenterait une menace justifiant le recours aux mesures de destruction prévues par l’arrêté en litige.

    9. D’autre part, s’il ressort du dossier que les élevages avicoles sont répartis sur l’ensemble du territoire du département de l’Eure et que le renard peut être à l’origine de dommages affectant ces élevages, les pièces fournies par le préfet ne permettent pas d’établir que les renards pourraient être à l’origine de dommages importants à l’élevage au sens et pour l’application de l’article L. 427-6 du code de l’environnement.

    10. Il résulte de ce tout qui précède que le préfet ne justifie pas de la nécessité de procéder à des opérations supplémentaires de destruction du renard afin de protéger les perdrix grise et les installations avicoles. Ainsi, le préfet a méconnu les dispositions précitées de l’article L. 427-6 du code de l’environnement. Par suite, les requérants sont fondés à demander l’annulation de l’arrêté du 8 février 2019, sans qu’il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête.

    Télécharger le jugement : RENARD – TIR DE NUIT – EURE 2019

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  • Cruauté, agressions, insécurité : dénoncez les abus de la chasse

    16 septembre, par aspas

    ILS SONT DE RETOUR ! Depuis le dimanche 13 septembre, les zones rurales de la grosse moitié sud de la France subissent à nouveau l’assaut des gilets oranges armés et des meutes de chien incontrôlées.

    

    Homicides, insécurité, cruauté, balles perdues, animaux domestiques plombés… Chaque année les accidents et incidents liés à la chasse se comptent par centaines. Dès l’ouverture, nous apprenions dans la presse qu’un chasseur se tirait une balle dans le pied, dans le Rhône, et qu’une balle perdue a fini sa course dans la maison d’un particulier, à Saint Angel en Corrèze.

    Voilà pour les accidents médiatisés. Mais c’est qu’il existe énormément d’incidents qui ne figurent jamais dans les colonnes des journaux, et qui nous sont remontés directement, que ce soit par des promeneurs, des cavaliers, des photographes, et bien sûr par nos adhérents qui ont choisi d’interdire la chasse sur leur propriété (refuges ASPAS). Certains ont pu prendre la parole dans cet article de Reporterre, publié le 11 septembre à l’occasion du procès du chasseur qui avait agressé Natalia Covillault, chez elle, dans le Var.

    Vous aussi vous êtes victimes de la chasse ? Vous êtes témoins d’un acte de cruauté, d’incivilité, d’insécurité ? #OSEZPARLER ! Envoyez vos photos et vidéos à temoignage@aspas-nature.org

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  • Le projet « Protégeons les renards » de l’ASPAS, sélectionné par l’ONG « 1% pour la planète »

    14 septembre, par aspas

    L’ASPAS est heureuse d’annoncer que sa campagne pour la protection des renards a été présélectionnée par les membres du jury de l’ONG « 1% pour la planète ».

    Cette ONG, d’envergure internationale, invite des entreprises engagées pour la cause environnementale à reverser 1% de leur chiffre d’affaire à l’association de leur choix, pour un projet précis.

    Après le blaireau en 2019, l’ASPAS a choisi de mettre en avant cette année le renard qui, malgré une mauvaise image qui s’est nettement améliorée au sein de la société (grâce à de longues années de sensibilisation !), a toujours mauvaise réputation chez certains. Sous la pression des chasseurs, l’État persiste à maintenir le renard sur la liste des « espèces susceptibles d’occasionner des dégâts », et ce alors que le rôle écologique et le rôle sanitaire du renard sont dorénavant largement documentés par la science.

    Renard- F.CahezSi vous êtes sensibles à la cause du renard, et souhaitez soutenir notre campagne par un don, sachez que l’ONG « 1% pour la planète » double la mise pour tout don effectué avant le 5 octobre 2020.

    Pour cela, rendez-vous sur https://www.helloasso.com/associations/aspas-association-pour-la-protection-des-animaux-sauvages/collectes/je-fais-un-don-et-1-for-the-planet-double-ma-mise

    Pour plus de détails sur notre campagne « renards », cliquez ici

    Merci pour votre soutien !     

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  • Chasse à la glu : la colère des enfants gâtés

    11 septembre, par aspas

    Samedi 12 septembre, des chasseurs manifestent à Prades contre l’arrêt légal de la chasse à la glu, décidé pour mettre enfin la France en accord avec les lois européennes, et soutenu par la grande majorité des citoyens. À l’heure où le WWF annonce un déclin alarmant du vivant, et où le lobby de la chasse a déjà obtenu tous les cadeaux de l’État, les autoproclamés « premiers écolos de France » osent encore faire des caprices…

    Tout d’abord, c’est quoi, les chasses traditionnelles ? En gros, c’est attraper des petits oiseaux avec des bouts de ficelles ou de la colle. Bref, des jeux de gamins dérisoires. Continuer de s’amuser avec de la glu, c’est pourtant l’objet de l’extrême colère de ces vieux enfants gâtés, sourds aux problèmes du monde, aux enjeux de l’écologie et à la souffrance des oiseaux. Rappelons que ce jeu est non sélectif, et que des oiseaux protégés en font les frais (comme ce rouge-gorge ci-dessus, photographié par la LPO*).

    Enfants gâtés, car leur lobby a déjà reçu de l’État tous les cadeaux qu’ils exigeaient, y compris les plus injustifiables, comme la poursuite de la chasse aux tourterelles des bois, espèce pourtant menacée. Tous les cadeaux sauf celui-ci, et pour une seule raison : la France étant le dernier pays à tolérer cette pratique barbare, l’Europe excédée la menaçait d’amendes sévères. Cet apparent désaveu de l’État déstabilise le puissant lobby de la chasse, qui n’a pas l’habitude des contrariétés, qui tremble désormais devant une opinion publique défavorable, et qui faute de savoir évoluer, ose maintenant l’extrême mauvaise foi.

    Le 8 septembre, le chef des chasseurs a donc pris sa plume pour communiquer une désinformation grossière et malhonnête. Outre son habituel amalgame entre la chasse et la ruralité, ou son fantasme de la « campagne sous cloche » Willy Schraen brandit le spectre d’écologistes « violents » et « anti-tout » voulant anéantir « les artisans, les petits commerçants », et même « mettre fin à la torture des végétaux par la fermeture des fleuristes sadiques qui décapitent les fleurs et les plantes » (on n’invente rien) ! Ce qui fait diversion du problème éthique, biologique et juridique de la glu. Mais les chasseurs, ça ose tout…

    * Fin 2019, la LPO a publié une vidéo qui montre l’intolérable réalité de la chasse à la glu (voir ici)

     

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  • Chasser dans une Réserve naturelle est une aberration !

    8 septembre, par aspas

    Le 7 septembre 2020, l’ASPAS, la Frapna Drôme, Cohérence Nature et le Collectif Citoyens et Nature en Val de Drôme ont annoncé leur intention d’engager un recours gracieux pour demander l’arrêt de la chasse aux oiseaux d’eau dans la Réserve naturelle des Ramières (Drôme).

    >> Lire notre communiqué de presse commun

    La Réserve naturelle nationale des Ramières du Val de Drôme, située entre Crest et Loriol/Livron, représente la plus grande zone humide du département de la Drôme.

    Elle constitue un exceptionnel réservoir de biodiversité et une partie du domaine public fluvial a même été classé en ZPS, Zone de Protection Spéciale pour les oiseaux, intégrant le dispositif européen Natura 2000.

    Les zones sans chasse le long de la Drôme représentent seulement 2% du Domaine Public Fluvial, contre près de 20% sur les autres rivières du département, n’offrant aucun répit aux oiseaux d’eau circulant dans cette zone. S’ajoute à cette pression, celle du réchauffement climatique, et celle de la dégradation globale des milieux et donc la diminution des ressources alimentaires disponibles.

    L’interdiction de la chasse, instaurée pendant trois années (2013-2015) avait prouvé le potentiel du site pour de nombreuses espèces menacées et à protéger comme la sarcelle d’hiver et la bécassine des marais.

    Les habitants du Val de Drôme n’ont aucun intérêt au maintien de la chasse car cela va à l’encontre de la mission de la Réserve qui est d’offrir aux migrateurs un espace de quiétude. Cette protection vitale des oiseaux de la Réserve naturelle correspond à une forte attente des 60 000 visiteurs par an sur le site.

    Ces mêmes visiteurs, randonnant sur les itinéraires organisés pour ne pas déranger, profitent sans perturber du milieu naturel et de la faune présente.

    Réserve des Ramières et chasse : une situation aujourd’hui totalement anachronique

    Les chasseurs avaient été associés à la création de la Réserve naturelle en 1987, et la chasse y est autorisée historiquement.

    Sarcelle d’hiver de profil dans l’eau

    Comme nous l’avons rappelé, le contexte a largement changé. Les activités cynégétiques représentent aujourd’hui un dérangement qui n’est plus acceptable, d’autant plus sur une zone de protection spéciale des oiseaux – Natura 2000.

    Pour l’heure, l’intercommunalité en Biovallée défend le maintien de cette activité perturbante de chasse sur le domaine public, touchant des espèces d’oiseaux en déclin, alors que l’engagement de la Zone de Protection Spéciale des Ramières (Directive Européenne) est de tout mettre en oeuvre pour protéger les espèces pour lesquelles elle a été désignée.

    Comme gestionnaire de la Réserve naturelle, l’évidence voudrait que cette Intercommunalité se positionne pour améliorer la protection des espèces menacées de la Réserve.

    Le maintien de la chasse aux oiseaux d’eau dans les Ramières est par ailleurs contraire aux intérêts de la commune d’Eurre qui a consenti un lourd investissement en aménageant un observatoire ornithologique sur son territoire. Du fait du dérangement par la chasse, les oiseaux ne sont pas au rendez-vous devant cet équipement (financé en partie par l’Europe, avec obligation de respecter les normes Européennes).

    Les observations de l’équipe scientifique de la Réserve naturelle depuis 30 ans

    Évolution générale du nombre de canards observés en fréquence d’observation (extrait du rapport du conservateur remis au Préfet de la Drôme)

    L’augmentation du stationnement des canards a été immédiat et constant pendant les 3 années où la chasse aux oiseaux a été interdite (2013 à 2015). Cependant, depuis 2016, le stationnement des canards est redevenu très faible du fait du dérangement provoqué par la chasse.

    Nous sommes passés dès septembre 2013 de moins de 7 canards avant l’interdiction de la chasse, à 80 à 120 canards avec instauration de la réserve de chasse (X 10 fois). Les espèces les plus fréquentes sont les canards de surface qui trouvent des milieux favorables à leur alimentation toute l’année dans le lit de la rivière Drôme. De 2013 à 2015, les canards ont pu stationner toute la saison de chasse, d’août à février, ce qui n’était pas le cas avant la création de la réserve de chasse. Le stationnement des canards a été bénéfique également aux plans d’eau Lafarge d’Eurre – réserve de l’ACCA (environ 15 ha mitoyens de la Réserve naturelle).

    Les oiseaux ont été vus tous les jours faisant la navette entre la Réserve naturelle et les plans d’eau Lafarge. La réserve de chasse de l’ACCA est donc complémentaire de celle du domaine de l’État. Ce rapport du Conservateur a été validé en 2019 par le Conseil Scientifique Régional du Patrimoine Naturel Auvergne-Rhône-Alpes (CSRPN) qui a demandé la remise en place d’une réserve de chasse et de faune sauvage sur le Domaine Public de la rivière Drôme, sur le territoire de la Réserve naturelle.

    L’arrêt de la chasse dans la Réserve des Ramières est une mesure de protection légale qui doit lui permettre de jouer pleinement son rôle.

    Un bon exemple des effets bénéfiques de l’absence de chasse est celui d’un canard protégé : le harle bièvre. Ce canard s’est implanté depuis 4 ans aux bords de la rivière Drôme. Il bénéficie de son statut de protection légale et de la présence de zones qui ne sont pas chassées : traversée des villages à Aouste et Crest, lac des oiseaux à Eurre (lacs Lafarge). Grace à ces espaces non-chassés, le nombre de couples nicheurs est en augmentation au fil des ans.

    Le harle bièvre, canard protégé par la loi photographié sur le Drôme à Crest

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