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  • Les chasseurs, « 1ers parasites de France » ?

    16 février, par aspas

    Lundi 15 février, nous apprenions que la Fédération Nationale des Chasseurs avait été condamnée pour « parasitisme » à l’égard de la Ligue de Protection des Oiseaux (LPO) : en imitant la communication des écologistes, la FNC a été reconnue coupable de vouloir s’approprier des valeurs qui ne sont pas les siennes et de tromper l’esprit du grand public. Ce jugement est une bonne nouvelle pour toutes les associations de protection de la nature qui agissent concrètement et de façon désintéressée pour la sauvegarde de la biodiversité.   

    Un lâcher de faisans dans la nature, photographié fin 2020

    Avec des effectifs vieillissants et des pratiques sanguinolentes qui n’attirent plus vraiment les jeunes générations, la Fédération Nationale des Chasseurs tente désespérément depuis quelques années de stopper l’hémorragie de leur déclin inéluctable, à coups de millions d’euros dépensés sur des campagnes de pub ridicules et des supports de communication malhonnêtes et provocateurs.

    C’est en 2018 que la stratégie de « verdissement » de la chasse et de conquête de nouveaux publics a véritablement débuté, avec une campagne d’affichage volontairement provocatrice dans le métro parisien dont tout le monde a retenu le slogan collector : « Les chasseurs, 1ers écologistes de France ? ».

    Extrait de la campagne de la FNC dans le métro parisien

    C’est précisément suite à cette campagne que la FNC vient d’être condamnée pour « parasitisme » à l’égard de la LPO. Le juge a en effet estimé que les chasseurs ont volontairement imité ses supports de communication « dans un but d’appropriation des valeurs qu’elle défend, voire de pied-de-nez » à l’association (vraiment) écologiste.

    Après cette campagne-choc, les chasseurs ont attendu l’été 2020 avant d’en remettre une couche en lançant en grand pompe leur tout nouveau site Internet, sur lequel ils promeuvent une vision totalement édulcorée de la chasse sans la moindre goutte de sang. Ici, point de vidéo montrant la réalité des élevages de gibier ou de la chasse en enclos, mais de belles photos de verdure et des petites vidéos totalement hors-sujet, comme celle montrant une petite mésange qui reçoit la becquée… De plus, sur la page présentant les espèces chassables, une erreur d’identification visuelle de l’une d’entre-elles avait sérieusement décrédibilisé leur soi-disante action écologique !

    Cartouches de chasse ramassées dans la nature

    Ensuite, à l’ouverture de la saison de chasse 2020-2021, une série de 8 clips a été lancée sur Internet avec de vrais acteurs, de l’humour douteux et des scénarios totalement farfelus pour tenter de séduire de nouveaux publics. Devant tant de ridicule, le « bad buzz » a été immédiat et le lobby chasse s’est ramassé l’ironie du grand public en pleine gibecière !

    Plus récemment, enfin, une brochure luxueuse titrée « La chasse, cœur de biodiversité » et imprimée sur papier glacé a été envoyée semble-t-il début janvier à tous les élus municipaux des communes rurales de France, accompagnée d’une petite carte et « les compliments du président Willy Schraen ». Une propagande honteuse qui occulte tout ce que la chasse comporte au contraire de néfaste pour la biodiversité et que dénonce l’ASPAS depuis des années (dérèglement des écosystèmes par l’abattage des petits prédateurs considérés comme « nuisibles« , pollution des sols due au plomb, chasse de nombreuses espèces pourtant menacées, parcs et enclos de chasse, lâcher d’animaux élevés pour la chasse, etc.)

    Cette condamnation judiciaire est une bonne nouvelle pour toutes les associations de protection de la nature qui sont dans une démarche vraiment écologiste de protection des espèces et des espaces.

    Déterrage de blaireau © Mélès

    Il sera intéressant de voir désormais quelle nouvelle stratégie de communication la FNC va adopter pour promouvoir le loisir de la chasse en France. Pour Willy Schraen, leur président, « la chasse a besoin d’être expliquée ». Très bien ! On est impatient de comprendre l’intérêt, pour la protection de la biodiversité, du massacre de 600 000 renards par an, des millions de faisans et de perdrix élevés en cage comme « chair à canon », des cerfs noyés ou achevés à la dague après des heures de traque jouissive, de l’abominable déterrage de blaireaux ou encore de la chasse à la glu qui piège et tue des oiseaux protégés.

    L’ASPAS, qui vient de consacrer dans son magazine Goupil tout un dossier aux témoignages des victimes de la chasse, attend aussi des explications sur le comportement abusif et dangereux de nombreux chasseurs qui pourrissent littéralement la vie des Français installés à la campagne, entre les insultes, les animaux domestiques plombés, les balles qui traversent les maisons, et les véritables tragédies, comme la mort en décembre 2020 de Morgan Keane, un jeune homme de 25 ans confondu avec un sanglier pendant qu’il coupait du bois au fond de son jardin.

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  • Chasseurs dans les écoles : nos associations interpellent les ministres

    12 février, par aspas

    Dans un courrier adressé aux établissements scolaires d’Île-de-France (à lire ici), la Fédération Régionale des Chasseurs d’Ile-de-France a usurpé le logo de l’OFB* et a faussement évoqué l’existence d’une convention avec l’Education Nationale, pour tenter de justifier l’intervention de chasseurs dans les écoles.

    En réaction, l’ASPAS et 7 autres associations de protection de la nature ont adressé un courrier à la ministre de l’Ecologie Barbara Pompili et au ministre de l’Education Jean-Michel Blanquer, pour les alerter et demander des explications, dont voici un extrait :  

    « Dans la convention signée fin octobre 2019 entre la Fédération nationale des chasseurs et l’Agence Française pour la Biodiversité, devenue depuis OFB, il est rappelé que le fonds pour la biodiversité a été institué pour des actions « concourant directement à la protection et à la reconquête de la biodiversité ». Malheureusement, cette convention a ouvert la possibilité de soutenir des actions en matière d’éducation, ce qui ne correspond pas à l’esprit de la loi qui visait des actions concrètes sur le terrain (aménagements, restaurations, créations de mares, plantations de haies…).

    Ainsi, nous découvrons que des fédérations de chasseurs profitent de cet effet d’aubaine pour investir le monde scolaire. Il en est ainsi de ce courrier adressé à des enseignants d’écoles publiques de la Région Île-de-France, avec un logo usurpé à l’Office français de la biodiversité en « en-tête », sans son accord. Il y est mentionné une convention avec l’Éducation Nationale qui, sauf erreur de notre part, n’a pas été reconduite faute de bilan pourtant exigé, et suite au constat de trop nombreuses dérives : interventions contrevenant ouvertement à plusieurs principes fondamentaux de l’école de la République et particulièrement à la neutralité exigée, prosélytisme de toute nature, 2 banalisation et jusqu’au maniement d’armes.

    (…)

    Non seulement la crédibilité de l’OFB et celle de l’Éducation nationale sont usurpées pour justifier d’une intervention du monde de la chasse dans les écoles de la République, mais les promoteurs insistent à plusieurs reprises sur la gratuité des interventions. Le métier d’éducateur nature est déjà très fragile car difficile à équilibrer financièrement. Il n’a sûrement pas besoin de ce genre de concurrence déloyale. Que les deux ministères concernés ne soutiennent pas les activités d’éducation nature de nos associations agréées et désintéressées est déjà difficile. Qu’ils permettent grâce à l’argent public versée l’écocontribution à des associations cynégétiques d’intervenir gratuitement dans les écoles est inacceptable. »

    Lire la lettre en entier (PDF)

    Non aux chasseurs dans les écoles ! 

    Le prosélytisme de la chasse dans les écoles publiques françaises ne date pas d’aujourd’hui. L’ASPAS a maintes fois dénoncé ces agissements, en particulier en 2010 lorsqu’une convention de partenariat avait été signée entre Luc Chatel, Jean-Louis Borloo et la Fédération nationale de la chasse. >> En savoir plus 

    *OFB : Office Français de la Biodiversité

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  • Bonne nouvelle : les vipères deviennent espèces intégralement protégées !

    12 février, par aspas

    L’arrêté de protection des reptiles et amphibiens du 8 janvier 2021 est une belle avancée pour la préservation de la biodiversité : toutes les espèces de serpents en France sont désormais intégralement protégées par la loi !

    Vipère péliade © Bernard Alliez

    L’ASPAS avait appelé à participer à la consultation publique, en novembre 2019, concernant un projet d’arrêté fixant les modalités de protection des reptiles et amphibiens en France.

    Nous alertions alors sur deux points de vigilance : le texte prévoyait des dérogations pour la pêche de deux espèces de grenouilles (pour faire plaisir aux « pêcheurs du dimanche »), et la destruction des vipères sous prétexte qu’elles sont dangereuses.

    Grâce au dialogue mené par la Société herpétologique de France avec le ministère de l’Ecologie et à une forte mobilisation citoyenne et associative, la dérogation concernant la vipère aspic et la vipère péliade (deux espèces particulièrement menacées) a finalement été abandonnée dans le texte final, paru au Journal Officiel le 11 février 2021 : ces vipères rejoignent donc la liste des espèces intégralement protégées par la loi !

    Un acte volontaire de destruction de vipère est donc désormais punissable de 3 ans de prison et 150 000 euros d’amende, alors que jusqu’à maintenant seule leur mutilation était interdite.

    Concernant la Grenouille verte et la Grenouille rousse, leur protection intégrale devra encore attendre un peu, car ces espèces sont concernées par d’autres textes de lois.

    L’ASPAS lance une étude sur les reptiles dans les Réserves de Vie Sauvage®

    Cette bonne nouvelle intervient alors que l’ASPAS entame une nouvelle action de terrain pour la biodiversité. Afin d’améliorer les inventaires sur ses Réserves de Vie Sauvage® et de contribuer à l’effort de connaissance des reptiles en France, l’ASPAS s’inscrit en effet depuis 2021 dans le programme de récolte de suivi des populations POPReptile développé par six structures françaises et piloté par la Société Herpétologique de France (SHF). Plus d’informations prochainement !

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  • « J’aime les blaireaux » : l’ASPAS édite un kit de sensibilisation pour le jeune public

    10 février, par aspas

    Après les loups, les renards, les amphibiens, l’ASPAS lance l’action « J’aime les blaireaux ! »  à destination des jeunes enfants, enseignants et encadrants pédagogiques, en partenariat avec Wakou. Objectif pour notre association reconnue d’utilité publique : sensibiliser les adultes de demain à la connaissance et au respect de ces animaux que l’on surnomme « les petits ours de nos campagnes », et tordre le cou à certaines contre-vérités véhiculées par le monde de la chasse.

    Le blaireau, un animal précieux pour la nature

    Non, le blaireau ne « pullule » pas ; non le blaireau ne transmet pas plus de maladies que d’autres animaux ; non le blaireau ne ravage pas les cultures agricoles ! Mammifère omnivore, le blaireau joue un rôle irremplaçable dasn la nature : en remuant la terre, il aère le sol et facilite le développement des végétaux ; en creusant des terriers, il offre souvent le gîte à d’autres espèces (renard, lapin, chauve-souris…).

    Malgré cela, les blaireaux continuent à être chassés en France. Ils sont même victimes d’une chasse traditionnelle particulièrement cruelle : la vénerie sous terre.

    Un kit gratuit pour encourager la protection des blaireaux

    Composé d’une exposition de 8 panneaux (60 x 40 cm), de dépliants participatifs pour les enfants et d’une documentation supplémentaire pour l’enseignant / animateur, le kit « J’aime les blaireaux » est mis gratuitement à disposition des écoles, clubs nature ou centres d’animations, dans la limite des stocks disponibles. 

    Sur chaque dépliant, un volet vierge est réservé à l’écriture d’une belle histoire ou à la réalisation d’un dessin dont le blaireau est la vedette. Les enfants qui enverront leur création recevront chacun un autocollant « J’aime les blaireaux, je les protège avec l’ASPAS ».

    Les enseignants ou animateurs peuvent centraliser les créations et les expédier dans un même courrier adressé à l’ASPAS.

    Les écoles, les clubs nature, les structures et organismes liés à l’animation et à l’environnement sont les bienvenus pour participer et relayer cette action.

    Découvrir le kit

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  • La France va encore tuer des loups en 2021

    9 février, par aspas

    Alors qu’une étude de l’OFB pointe les risques de la gestion des loups par les tirs, la France autorise à nouveau l’abattage de 110 individus en 2021… L’ASPAS saisit à nouveau la justice.

    En 2020, au moins 105 loups été volontairement tués en France (97 par tir officiel, 8 par braconnage). Or « plusieurs signaux montrent une dégradation de la dynamique de la population » de loups, selon une « note technique* » mise en ligne par l’OFB juste avant le réveillon de Noël 2020, passée totalement inaperçue dans les médias. Cette publication confirme ce que nous dénonçons depuis toujours : abattre une telle proportion de la population de loups met en péril la viabilité de l’espèce sur le long terme, et ne règle pas le problème des dommages à l’élevage. Les scientifiques admettent que « s’il est tentant d’aborder la question en indexant un nombre de loups à prélever sur l’effectif total de la population, cette approche est à éviter car les risques observés pour les troupeaux ne sont pas forcément directement proportionnels aux densités d’animaux, particulièrement sur les espèces territoriales et sociales comme le loup » 

    Pour eux, « la gestion de l’espèce par les tirs – si telle était la volonté de l’État – doit avant tout reposer sur un objectif de gestion des attaques aux troupeaux et non de contrôle des effectifs. » 

    Pourtant, l’arrêté du 23 octobre 2020 adopté par le Ministre de l’Écologie augmente encore le taux de loups pouvant être abattus en le portant à 19 % voire 21 % de la population de loups en France…

    L’ASPAS saisit une nouvelle fois la justice

    Face à cette nouvelle augmentation du plafond et la poursuite de cette politique de gestion par le tir, deux recours ont été déposés devant le Conseil d’État, l’un contre l’arrêté du 23 octobre 2020 fixant le protocole des tirs contre les loups, l’autre contre celui adopté le même jour fixant le nombre maximum de spécimens de loups pouvant être « détruits » (19 % à 21 % de la population) chaque année. Ces recours demandent l’annulation de ces arrêtés, mais proposent également au Conseil d’État de poser une « question préjudicielle » à la Cour de Justice de l’Union Européenne sur l’interprétation de la directive « Habitats ».

    Le changement c’est maintenant

    La France doit se rendre à l’évidence : la gestion par les tirs est inefficace, et contraire à ses engagements internationaux. L’ASPAS réaffirme alors l’impérieuse nécessité d’un changement complet de paradigme : arrêtons de faire croire aux éleveurs que les tirs règleront leurs problèmes, portons véritablement l’effort sur le développement de mesures de protection des troupeaux, et travaillons sur l’acceptation sociale des dommages résiduels que la présence du loup peut occasionner.

    30 ans après le retour spontané du loup en France, les nouvelles générations de bergers et d’éleveurs intègrent de plus en plus la donnée « loup » dans leur métier, cherchent à mieux le comprendre, et se démènent pour ne plus « subir le loup ».

    Signe que les choses bougent – doucement… – la Confédération paysanne de Côte d’Or a pour la première fois appelé, via un communiqué publié fin décembre 2020, « chaque éleveur » à « intégrer autant que possible la présence des loups comme un paramètre constant dans son système ». À aucun moment dans ce texte le syndicat ne parle d’abattre les loups, ce qui est proprement nouveau et réjouissant ; au contraire, priorité est faite à l’urgence d’informer et de former (aux chiens de protections, notamment), et aux réflexions sur l’adaptation des systèmes d’élevage, car « les loups, qui ne connaissent pas les frontières, n’attendront pas que l’on veuille bien s’organiser ».

    Que ses opposants le veuillent ou non, les loups continuent en effet de recoloniser des territoires desquels ils avaient été éradiqués au début du XXe siècle, et il est urgent pour le monde agricole des régions concernées de s’y préparer. Le triste feuilleton des trois loups échappés d‘un parc en Poitou-Charentes en novembre dernier, accusés de s’en être pris lors de leur cavale à plusieurs troupeaux non gardés, devrait servir de signal d’alerte, d’autant que cette région avait déjà recueilli des indices de passage de loups sauvages.  

    *Drouet-Hoguet, N., Gimenez O. & Duchamp C. MISE A JOUR DES EFFECTIFS ET PARAMETRES DEMOGRAPHIQUES DE LA POPULATION DE LOUPS EN FRANCE : conséquences sur la viabilité de la population à long terme. Note technique OFB / CNRS – novembre 2020

    > Le retour du loup en France : une chance pour toute la biodiversité

     

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