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  • Massacre de 1430 renards : victoire de nos associations !

    7 septembre, par aspas

    Associations, citoyens, partis politiques, médias, avocats : nos efforts communs ont fini par avoir raison de la préfecture de Seine-Maritime, téléguidée par les chasseurs, qui avait donné son feu vert pour abattre jusqu’à 1430 renards à travers tout le département jusqu’à fin 2020. C’est une belle victoire collective, et une puissante décision de justice qui fera date dans l’histoire de la réhabilitation du renard en France.

    Un premier arrêté attaqué dès février…

    Souvenez-vous, avant la pandémie, la Seine-Maritime avait déjà signé un premier arrêté de destruction qui concernait 850 renards, entre février et mai 2020. Nous avions donné l’alerte début février, et vous avez été nombreux à vous opposer à ce projet dans le cadre de la consultation publique (499 contre 151, soit 76% !).

    Motif principal de l’arrêté ? Une augmentation du nombre de renards qui mettrait en péril les relâchers de perdrix pour la chasse…

    Dès son entrée en vigueur, l’ASPAS et l’association AVES ont déposé le 23 mars une demande d’annulation de l’arrêté devant le tribunal administratif de Rouen. Heureusement pour les renards, le confinement des humains a mis entre parenthèses les opérations de mise à mort, conférant aux animaux un répit plus que bienvenu au cours du printemps, période de reproduction et d’élevage des renardeaux.

    … puis un 2e en juin, encore plus mortifère 

    Nous étions nombreux à rêver d’un nouveau monde, après le confinement, où l’humain apprendrait à nouveau à respecter la nature et les êtres vivants qui la composent. Hélas, dans le milieu de la chasse, ces 3 mois de répit ont été perçus comme 3 mois de perdus, et les auto-proclamés « 1ers écolos de France » ont joué avec la peur invoquant une pullulation de soi-disant « nuisibles ». Prétextant ainsi un redoublement de l’effort de régulation… C’est en ce sens que la préfecture de Seine-Maritime, sur demande des chasseurs de ce département, a jugé bon d’adopter un nouvel arrêté aux mêmes motifs que celui de février, mais en portant cette fois-ci le quota de renards à tuer à 1430.

    Ce nouvel arrêté, porté à la connaissance du public grâce à nos associations indignées, a suscité une grande vague de protestation dans la société civile. Côté associatif, un front juridique a été constitué par l’ASPAS, AVES, la LPO Normandie et le GMN pour attaquer le texte devant les tribunaux, argumentaire scientifique solide à l’appui.

    Outre la nouvelle consultation publique, à laquelle nous vous avons appelés à participer, de nombreux médias se sont intéressés au problème ce qui a contribué à renforcer l’opposition citoyenne. D’autres initiatives ont vu le jour, notamment une tribune et une pétition (plus de 45 000 signatures), coordonnées par le collectif Renard-Blaireau.

    Puis, le 2 septembre, un important rassemblement a été organisé devant le tribunal de Rouen par nos associations et le Parti animaliste, relayé par des militants indépendants. L’évènement a eu un succès tel qu’une dépêche AFP a été publiée, ce qui a offert aux 1430 renards menacés de mort une tribune inespérée dans de nombreux médias locaux et nationaux.

    Le 4 septembre 2020 : jurisprudence historique pour le goupil !

    48 heures plus tard, c’est la délivrance : le juge des référés annonce la suspension de l’arrêté ! La bonne nouvelle pour nos associations, représentées par le cabinet Géoavocats, c’est que les arguments scientifiques que nous avons avancés, établis sur la base d’études récentes, ont été pris en compte dans l’ordonnance. Notamment : que les abattages, même intensifs, ne permettent pas de réduire la population de renards. Mais aussi que ces abattages, loin de prévenir la propagation des maladies telle l’échinococcose alvéolaire, ne font que les favoriser.

    > Télécharger l’ordonnance (PDF)

    Le combat continue !

    Cette décision est bien entendue locale, et ne concerne qu’un type de chasse : les tirs de jour comme de nuit par les lieutenants de louveterie. La victoire contre cet arrêté, si belle qu’elle soit, ne doit pas faire oublier que le renard est hélas toujours classé parmi les « espèces susceptibles d’occasionner des dégâts » (ESOD), et qu’à ce titre, l’animal est malgré lui victime de la chasse à tir, du déterrage et du piégeage. Ne baissons donc pas le bras, et continuons le combat de la sensibilisation !

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  • RENARD : Suspension des tirs de nuit en Seine-Maritime !

    4 septembre, par aspas

    Saisi par l’ASPAS, AVES, la LPO Normandie et le GMN, le Tribunal administratif de Rouen suspend, dans son ordonnance n°2003207 du 4 septembre 2020, l’arrêté du préfet de la Seine-Maritime autorisant la régulation du renard par les lieutenants de louveterie du 15 juillet au 31 décembre 2020 sur l’ensemble du département, par tir de jour comme de nuit, en considérant que :

    SUR L’URGENCE :
    6. Contrairement à ce que soutiennent les associations requérantes, il appartient au juge des référés, dans le cadre de l’appréciation globale de l’urgence, de prendre en compte non seulement l’atteinte aux intérêts que défendent ces associations, mais également les motifs d’intérêt public avancés par l’autorité préfectorale au soutien des mesures contestées. Pour justifier de l’urgence qui s’attache à la suspension de l’exécution de l’arrêté attaqué, les associations requérantes soutiennent que cet arrêté prévoit des mesures supplémentaires d’abattage de 1 430 renards par des tirs nocturnes sur une période prolongée, alors que le renard fait déjà l’objet, en tant qu’espèce susceptible d’occasionner des dommages, d’une régulation avec la possibilité d’installer des pièges et de le déterrer toute l’année, de pratiquer des tirs d’été et de le chasser pendant les périodes réglementaires. Le préfet fait valoir que la population de renards s’est accrue en 2019 et pendant le premier semestre de l’année 2020. Toutefois, il ressort d’une étude de la société NaturAgora Développement, produite par le préfet, que la densité moyenne de renard calculée d’après la méthode de l’Indice Kilométrique d’Abondance (IKA) était stable dans le département de la Seine Maritime entre 2016 et 2018. Cet indice a certes augmenté en 2019 par rapport à l’année précédente, de 0,59 à 0,67 par kilomètre carré, mais il reste nettement inférieur à la densité moyenne sur le territoire national, qui s’établit à un renard par kilomètre carré selon la brochure de l’Office national de la chasse et de la faune sauvage versée au dossier. En outre, d’après une étude publiée en 2020 dans la revue Biological Conservation, quatre ans d’abattages intenses en France n’ont pas permis de réduire les populations de renard, ce que confirme la brochure de l’Office national de la chasse et de la faune sauvage qui indique que des prélèvements importants ont un impact généralement compensé très rapidement. Si le préfet se prévaut des conséquences de l’interruption de la régulation pendant la période de confinement, il ne donne aucune précision chiffrée sur l’augmentation de la population des renards qui pourrait en résulter. Par ailleurs, le préfet invoque dans ses écritures en défense un risque sanitaire accru. Or, l’étude de 2020 ci-dessus mentionnée constate au contraire une propagation plus importante de certaines maladies telles que l’échinococcose alvéolaire pendant les périodes d’abattages intenses. Un relevé épidémiologique du 29 novembre 2019 de l’Organisation mondiale de la santé relève d’ailleurs le caractère inefficace de l’abattage des renards dans la prévention et la lutte contre cette maladie. Enfin, le préfet n’apporte aucun élément probant au soutien de son allégation selon laquelle l’évolution récente de la population de renards dans le département mettrait en danger le petit gibier. Dans ces conditions, eu égard à l’importance des mesures d’abattage supplémentaires prévues par l’arrêté attaqué et à la circonstance que cet arrêté a reçu un commencement d’exécution, la condition d’urgence doit être regardée comme remplie.

    SUR LE DOUTE SERIEUX :
    Le moyen tiré de ce que le préfet de la Seine-Maritime ne justifie pas de la nécessité d’effectuer des opérations de destruction des renards en application de l’article L. 427-6 du code de l’environnement est, en l’état de l’instruction, propre à créer un doute sérieux sur la légalité de l’arrêté du 20 juillet 2020.

    Télécharger l’ordonnance : SUSPENSION – RENARD – Seine-Maritime 2020

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  • La tourterelle des bois, espèce menacée, hélas à nouveau chassée…

    31 août, par aspas

    En 2019, « l’opération tourterelle » ne s’est pas passée comme prévu, et le capitaine Willy l’a bien fait comprendre à ses troupes.  « Ce que je regrette profondément, c’est qu’on n’a que moins de 5000 tourterelles des bois prélevées… On n’en avait que 18 000 à faire, c’est pas bon pour moi dans la discussion ! », révélait-il, lors d’une interview à la chaîne Chassons.com en avril dernier*.

    Par « discussion » entendez la pression sur le gouvernement pour qu’on « foute la paix » aux chasseurs et à leur loisir sanguinaire. Car typiquement, chasser la tourterelle des bois n’a rien d’une quelconque mission écologique d’intérêt général, on est ici devant un pur divertissement pour les « amateurs de beaux coups de fusil », comme l’écrivait un journaliste du magazine Le Chasseur Français en juin 2019.

    Ce qui fâche les chasseurs, visiblement, c’est que le ball-trap n’est plus open-bar et qu’ils sont dans l’obligation de déclarer leurs tueries via l’appli Chasse Adapt. Ce qui suppose donc qu’ils soient équipés d’un smartphone ou d’une tablette. Comme il n’y a pas un garde derrière chaque chasseur dans chaque bois de France, impossible de savoir si tous les « 1ers écolos » jouent le jeu, et si tous les cadavres d’oiseaux sont bien comptabilisés…

    Alors que la tourterelle des bois figure sur la liste rouge des espèces menacées établie par les scientifiques de l’UICN (statut Vulnérable), Willy assure que « l’oiseau va mieux » et qu’il a bon espoir qu’il n’y ait à l’avenir plus de quota pour chasser cet oiseau. On attend de lire vos sources, Professeur Willy.

    Début août 2020, l’ASPAS a invité les Français à donner un avis négatif sur la chasse des tourterelles des bois pour la saison 2020-21. Sur les quelque 17 000 commentaires déposés dans le cadre de la consultation publique, 75% ont clairement affiché leur opposition à cet arrêté. Hélas, le 27 août les protecteurs de la nature n’ont à peine eu le temps de savourer l’annonce de la suspension de la chasse à la glu que l’arrêté sur les tourterelles paraissait, dès le lendemain, autorisant un quota maximum de 17 460 oiseaux… Soit 540 de moins que 2019.

    Malgré sa détermination à interdire la chasse à la glu (pour se plier à la règlementation européenne) Barbara Pompili n’est donc toujours pas la ministre en charge de l’Ecologie qui osera défier le monde de la chasse et son puissant lobby… Mais le peut-elle seulement, avec un président Macron qui cajole les chasseurs et s’entretient régulièrement avec Willy ?

    * A écouter ici à partir de 39mn40 environ : https://www.facebook.com/watch/?v=274580020600869&extid=Wam8qO2mghcl1dt0

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  • 60 bouquetins du Bargy sauvés par la justice !

    25 août, par aspas

    Depuis des années, l’ASPAS se mobilise avec d’autres associations contre les abattages à répétition des bouquetins présents sur le massif du Bargy, dont une partie de la population est atteinte de brucellose, une zoonose transmissible aux cheptels domestiques que côtoient parfois les bouquetins dans les alpages.

    Cette année, pour la première fois, la justice a suspendu l’arrêté préfectoral avant qu’il n’entre en vigueur, suite à un référé déposé par l’association Animal Cross, représentée par l’avocate Me Thouy.

    Les 60 bouquetins qui devaient être tirés à l’aveugle (sans savoir à l’avance s’ils seraient porteurs ou non de brucellose…) sont donc sauvés ! Une excellente nouvelle pour la faune sauvage. Rappelons que le bouquetin des Alpes est une espèce protégée par la loi.

    En 2016, l’ASPAS, One Voice et des accompagnateurs en montagne étaient parvenus à faire annuler un arrêté similaire, pris en 2013. Idem en 2017 pour l’arrêté de 2015. A l’époque, tous les bouquetins âgés de 5 ans ou plus avaient été abattus… Ces décisions de justice en notre faveur ont eu un impact positif, dans un premier temps, puisque la préfecture a décidé par la suite d’épargner les bouquetins sains au profit d’une intervention plus équilibrée, préconisée par les scientifiques de l’ANSES. Hélas, sous la pression des lobbies, les « destructions » ont fini par reprendre les années suivantes.

    Depuis 2012, sur une population estimée à environ 700 individus, au moins 482 bouquetins ont été éliminés, dont 134 par euthanasie après capture et 348 par abattage indiscriminé. Une proportion très importante d’animaux sains a donc été abattue ces dernières années, ce qui est proprement scandaleux quand on sait que des méthodes alternatives non destructrices auraient pu être utilisées.

    La décision de justice survenue en ce mois d’août 2020 fera date pour les bouquetins du Bargy. Puisse-t-elle permettre une réadaptation des activités pastorales dans ce massif, qui garantisse un réel partage du territoire entre les cheptels domestiques et la faune sauvage.

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