Accueil > Les archives > ASPAS Nature

Articles

  • Stop à la chasse en enclos : lettre ouverte à Willy Schraen

    28 janvier, par aspas

    L’ASPAS, qui dénonce depuis plusieurs années la chasse sur des animaux maintenus en captivité, a adressé une lettre au Président de la Fédération Nationale des Chasseurs de France Willy Schraen, pour lui demander de prendre position sur cette pratique cruelle et méconnue qui va à l’encontre de toutes les valeurs cynégétiques par ailleurs mises en avant par les chasseurs.

    M. Schraen soutient, semble-t-il, la proposition de loi du député LREM François Cormier-Bouligeon qui sera déposée prochainement, visant à empêcher la création de nouveaux enclos de chasse, en particulier en Sologne, territoire traditionnel de chasse qui subit un engrillagement devenu hors de contrôle (lire à ce propos notre article et cette enquête du journal La Montagne). Mais l’ASPAS souhaite que le représentant national des chasseurs affirme clairement et publiquement sa position concernant la chasse en enclos PARTOUT EN FRANCE ! On estime en effet à 1300 le nombre de parcs et enclos sur tout le territoire (lire à ce propos notre enquête « Carnage derrière le grillage« )

    Ci-dessous, la lettre à M. Schraen datée du 28 janvier 2021 :

    Monsieur Willy Schraen, Président de la Fédération Nationale des Chasseurs de France

    L’Association pour la Protection des Animaux Sauvages (ASPAS) souhaite vous interpeller aujourd’hui sur une pratique cynégétique jusqu’à récemment largement méconnue des Français, et qui semble très éloignée des missions de soi-disante « régulation » et de protection de la biodiversité revendiquées par la Fédération Nationale des Chasseurs (FNC) : celle qui consiste à chasser des animaux maintenus en captivité dans des parcs ou enclos de chasse.

    On estime, grâce à des chiffres fournis par une enquête administrative de l’ONCFS en 2012, à environ 1300 le nombre de ces parcs et enclos à travers la France, où des chasseurs payent souvent le prix fort le droit de tirer sangliers, chevreuils, mouflons, cerfs élaphes, mais aussi des espèces non indigènes tel le cerf Sika, dont l’hybridation possible avec le cerf élaphe pose un sérieux problème écologique.

    Ces animaux ainsi prisonniers sont soit issus d’élevages français, soit importés depuis l’étranger dont la provenance exacte n’est pas toujours connue. Une enquête datant de 2015 (Hars et al.) a révélé par exemple, qu’entre 2012 et 2015, au moins 1400 sangliers ont été importés de Pologne et de Hongrie à destination de parcs de chasse situés en Côte d’Or, dans l’Yonne et dans la Marne. La Marne où justement, en 2012, des sangliers atteints de tuberculose à « Mycobacterieum bovis » ont été découverts dans l’un des parcs de chasse.

    Dans le contexte de la peste porcine qui guette à nos frontières et qui représente une grande menace notamment pour les élevages porcins français, est-il raisonnable de continuer à autoriser ces importations douteuses pour le simple loisir de quelques chasseurs ?

    Outre les risques sanitaires en jeu, vous conviendrez sans mal que ces parcs et enclos de chasse ne favorisent non plus en rien la biodiversité : dans ces espaces clos quadrillés de miradors, de points d’eau et de points de nourrissage artificiels, l’objectif est d’offrir aux clients un éventail de cibles faciles afin qu’ils puissent repartir avec le trophée de leur choix. La densité des animaux est ainsi beaucoup plus importante que dans le milieu sauvage, générant ainsi un piétinement important des sols et un appauvrissement de la flore.

    Qui dit prisonnier dit aussi évadé : si elles peuvent paraître anecdotiques, les évasions d’ongulés détenus dans les parcs et enclos de chasse sont pourtant un phénomène répandu et récurrent. De par leur constitution, leur mode de vie et leur capacité de pénétration, les sangliers sont particulièrement aptes à trouver les failles et à se faufiler dans les zones de faiblesse des grillages insuffisamment entretenus. Selon l’enquête de 2012 de l’ONCFS, « l’état de la clôture est considéré comme douteux ou non étanche pour 10% de la totalité des structures ». Rien qu’en 2006, 2007 et 2008, il a été noté 3648 animaux échappés de 434 structures (dont 31% de sangliers).

    Dès lors, comment justifier la régulation des animaux sauvages lorsque l’on tolère en parallèle des élevages et des importations de ces mêmes animaux ?

    Un récent décret publié par les ministères de l’Agriculture et de la Transition écologique entend encadrer les enclos de chasse, à travers notamment des contrôles sanitaires plus stricts, mais en aucun cas il n’est question pour nos gouvernants d’interdire cette pratique, qui va pourtant à l’encontre des valeurs de la chasse que vous prétendez incarner. Si l’on se réfère à la Charte de la chasse en France, bien mise en évidence sur le site officiel de la FNC, le bon chasseur est celui qui pratique l’art de la chasse dans le « respect de l’animal chassé », et qui « participe activement à la défense des habitats et à l’amélioration de la biodiversité ».

    Cette charte vous paraît-elle s’appliquer à la pratique de la chasse en parcs et enclos M. Schraen ? Notre enquête en caméra cachée, réalisée dans un parc de chasse à sangliers en Nouvelle Aquitaine, montre des pratiques choquantes : on y voit clairement que le jeu des chasseurs est de faire courir le sanglier le plus longtemps possible avant de l’achever, à coups d’épieux.

    On imagine non sans peine que des pratiques similaires existent derrière les grillages d’autres enclos de chasse, partout en France, à l’abri des regards et de tout contrôle.

    M. Schraen, êtes-vous prêts, aujourd’hui, à dénoncer publiquement ces parcs et enclos de chasse qui s’assimilent à de véritables « parcs d’attraction pour chasseurs » contraires à toute éthique ? Êtes-vous prêts à faire pression sur nos élus pour demander leur interdiction, non seulement en Sologne où vous avez déjà pris position, mais partout en France ?

    Nous espérons profondément qu’en votre qualité de président de la Fédération Nationale des Chasseurs de France, et donc représentant de la bonne image des pratiques cynégétiques en France, vous entendrez notre appel et vous positionnerez contre ces chasses commerciales qui sont un non-sens écologique, éthique et sanitaire.

    Si vous souhaitez plus d’informations sur les parcs et enclos de chasse en France, sachez que nous tenons à votre disposition un rapport d’expert, réalisé à partir de nombreuses sources officielles et scientifiques.

    Veuillez recevoir, Monsieur Schraen, nos plus sincères salutations.

    Association pour la Protection des Animaux Sauvages (ASPAS)

    Carnage derrière le grillage

    En septembre 2019, nous avons dévoilé une enquête exclusive avec des images tournées en caméra-cachée dans un parc de chasse à sangliers en Nouvelle-Aquitaine : les pratiques des chasseurs sont insupportables. Plus de 44 000 citoyens ont déjà signé notre pétition en ligne pour demander l’interdiction de la chasse sur des animaux en captivité.

    Méconnue, cette pratique n’est pas anecdotique puisqu’elle concerne environ 1 300 parcs et enclos qui détiennent au total 50 000 à 100 000 animaux : cerfs, chevreuils, mouflons, daims, etc.

    > Notre enquête complète en infiltration
    > Le dépliant de sensibilisation (PDF) à diffuser massivement
    > Toutes nos vidéos sur la chasse en enclos

    Cet article Stop à la chasse en enclos : lettre ouverte à Willy Schraen est apparu en premier sur ASPAS : Association pour la Protection des Animaux Sauvages.

  • Ardennes : les chasseurs appellent au massacre des renards en plein rut !

    27 janvier, par aspas

    « Le rut du renard bat son plein, il est donc possible de commencer à le réguler en sauteux (méthode de chasse à tir qui consiste à débusquer les renards du terrier avec un chien) au terrier / dans les meules de paille ou encore en vénerie sous-terre. »

    Ainsi commence un message posté sur la page Facebook de FDC 08, le 14 janvier dernier…

    Accouplement de renards roux

    Pourquoi tant de haine à l’encontre du petit canidé roux, cet allié si précieux des paysans ? Parce que « cette période permet d’anticiper sa reproduction et donc de favoriser celle de notre petit gibier » !!!! 

    Capture d’écran du post Facebook de la FDC 08 – cliquez pour agrandir

    « Favoriser notre petit gibier »… Les chasseurs parlent ici des faisans, perdrix, lapins, lièvres dont beaucoup sont élevés puis relâchés pour le seul plaisir des chasseurs, chaque année. 

    Le message, donné sans aucun scrupule, ne peut pas être plus clair : les renards empêchent les chasseurs de faire mumuse avec leurs fusils, donc ils les tuent, et peu importe si c’est en pleine saison des amours…

    Si les renards sont chassés et considérés comme « nuisibles » en France*, c’est UNIQUEMENT parce que les chasseurs les considèrent comme des concurrents à leur funeste divertissement, et que le lobby de la chasse est suffisamment puissant pour que rien ou presque ne change au niveau politique.

    Mais il y a une bonne nouvelle : les chasseurs sont de moins en moins nombreux d’année en année, en France, et grâce à l’indignation de plus en plus forte des citoyens sensibles à la cause des renards et à la cause animale dans son ensemble, les mentalités changent, doucement mais sûrement. Ne lâchons rien ! 

    Comment réagir à cette annonce de destruction massive ?

    Si vous habitez les Ardennes, n’hésitez pas à en informer vos élus (maires, députés), à solliciter la presse locale, et diffuser nos arguments en faveur de la protection des renards que vous trouverez listés ici.

    N’oubliez pas non plus de signer la pétition « #Renards.NuisiblesVraiment ? » qui a désormais dépassé les 421 000 signatures !

    * Le renard figure sur la liste des espèces susceptibles d’occasionner des dégâts (ESDO), terminologie qui remplace celle des « nuisibles » depuis 2017

    Cet article Ardennes : les chasseurs appellent au massacre des renards en plein rut ! est apparu en premier sur ASPAS : Association pour la Protection des Animaux Sauvages.

  • Brochettes de rouge-gorges : un braconnier lourdement condamné !

    26 janvier, par aspas

    10 000 oiseaux protégés piégés en 8 ans dans les Landes, revendus à des personnalités locales dont le rugbyman Jean Bastiat : un homme a été condamné à 8 mois de prison avec sursis et à des dommages et intérêts qui s’élèvent à plus de 90 000 euros. L’ASPAS s’était portée partie civile dans cette affaire.

    Dans les Landes, Bernard Fargues, 68 ans, a été jugé en septembre 2020 par le tribunal de Dax pour des faits graves de braconnage. Le Landais, qui a fait l’objet d’une longue surveillance par les services de l’OFB (anciennement ONCFS), reconnaît avoir braconné 10.000 oiseaux en huit ans et les avoir revendus à des personnalités locales, dont l’international de rugby Jean Bastiat, lui aussi condamné dans cette affaire.

    Les passereaux (rouges-gorges, moineaux, pinsons…) étaient capturés avec de la glu, ou à l’aide de matoles (petites cages traditionnellement utilisées dans le Sud-Ouest de la France pour capturer des oiseaux vivants). Chez lui, le braconnier conditionnait des brochettes de cinq petits oiseaux, qu’il conservait au congélateur. Il vendait ensuite ces brochettes entre 25 et 30 euros pièce. En 8 ans, on peut estimer le montant du trafic à 50.000 euros.
    Sur des carnets retrouvés par la police, le nom des acheteurs est codé par des surnoms. Sur les dix, huit ont pu être identifiés par la police.

    Par un jugement daté du 19 novembre au Tribunal de Dax, Bernard Fargues a été reconnu coupable de transport, destruction, utilisation, capture et mise en vente non autorisés d’espèces animales protégées. Il est condamné à 8 mois de prison avec sursis, son véhicule lui a été confisqué, et il doit en tout débourser 92 650 euros  réparation de son préjudice à l’environnement

    Pour l’ASPAS, qui s’est portée partie civile et qui a été notifié du jugement en janvier 2021, le braconnier doit verser 1500 euros de dommages et intérêts et 100 euros de frais de procédure.

    Trois des 8 acheteurs identifiés étaient jugés le même jour (Jean Bastiat, Jean Grammont et Serge Tauzin), et sont condamnés à des amendes avec sursis allant de 1000 à 1500 euros.

    Ils doivent également verser à l’ASPAS chacun 500 euros de dommages et intérêts, 100 euros de frais de procédure.

    Cet article Brochettes de rouge-gorges : un braconnier lourdement condamné ! est apparu en premier sur ASPAS : Association pour la Protection des Animaux Sauvages.

  • L’ASPAS recrute !

    9 janvier, par aspas

    Les activités de l’ASPAS ont le vent en poupe, l’équipe salariée a besoin d’être renforcée !
    4 postes sont à pourvoir dès maintenant : secrétaire, chargé(e) de communication-webmestre, assistant(e) de direction, gardien(ne) de Vercors Vie Sauvage.

    Secrétaire Réserve de Vie Sauvage :
    CDD 12 mois avec possibilité CDI
    Télécharger le détail de l’annonce en pdf
    Candidature clôturée

    Chargé(e) de communication webmestre :
    CDD 9 mois
    Télécharger le détail de l’annonce en pdf
    Candidature clôturée

    Assistant(e) de direction :
    CDD 12 mois avec possibilité CDI
    Télécharger le détail de l’annonce en pdf
    Candidature clôturée

    Gardien(ne) de Vercors Vie Sauvage
    CDD 12 mois avec possibilité CDI
    Voir le détail de l’annonce
    Candidature clôturée

    Cet article L’ASPAS recrute ! est apparu en premier sur ASPAS : Association pour la Protection des Animaux Sauvages.

  • Ours et pastoralisme : notre enquête de terrain 2020

    30 décembre 2020, par aspas

    Comme elle l’avait fait en 2019, dans son objectif de sauvegarde de l’ours, l’ASPAS a organisé au cours de l’été 2020 des visites de troupeaux dans les Pyrénées, notamment en Ariège (09).

    Entre le 21 juin et le 19 septembre 2020, une vingtaine de personnes ont effectué 11 sorties dans des zones à ours. Objectif : témoigner des moyens de gardiennage de troupeaux mis en place par les éleveurs, et proposer des solutions concrètes pour améliorer la cohabitation entre l’ours et les éleveurs, dans le plus grand respect de la faune et de la flore.

    Télécharger la synthèse 2020 (PDF)

    Les bergers semblent satisfaits de la saison 2020 car les prédations leur ont semblé en diminution. Nous avons rencontré des pâtres exerçant une garde serrée profitable au troupeau, avec permanence auprès du troupeau et regroupement nocturne, présence de chiens de protection. Leur professionnalisme porte ses fruits. La garde serrée du troupeau et la présence des chiens de protection garantissent une limitation des prédations. Cette sécurité acquise permet de relativiser la présence du prédateur.

    Si les prédations sont en baisse, elles existent toujours en raison de plusieurs anomalies dans la gestion des troupeaux et des défaillances dans les systèmes de protection. En effet : 

    • Aucune des estives visitées en 2020 n’a mis en place le triptyque « pâtre + chiens de protection en nombre suffisant + parc de regroupement fermé électrifié » au complet ;
    • Sur les 17 estives visitées, 15 sont équipées d’1 ou de 2 bergers. 1 troupeau est laissé sans berger ni surveillance, sauf rares visites de contrôle ;
    • 5 estives sur 17 disposaient de chiens de protection, et sur 2 des 5 estives disposant de chiens de protection, les chiens ne sont pas assez nombreux pour une garde efficace du troupeau (parfois 1 patou seulement pour 800 à 1100 brebis)

    Concernant les pâtres, nous avons constaté des problèmes liés au :

    • sous-effectif des pâtres : 7 estives ne disposent que d’un seul pâtre pour des troupeaux importants de 1000 à 1700 ovins ;
    • surmenage des pâtres en raison du sureffectif du troupeau et du manque de moyens de garde ;
    • manque de coopération des éleveurs : pas de mise à disposition des moyens de protection, non-participation aux soins du troupeau (lié à la négligence ou à l’éloignement de l’exploitation de l’éleveur et à la pluri-activité de l’éleveur)

    Par ailleurs, seules 2 estives sur 17 sont équipées d’un parc de regroupement électrifié.

    L’impact écologique du surpâturage

    • Comme en 2019, nous avons constaté une dégradation des sols liés au surpâturage, avec la disparition de la flore naturelle au profit de plantes nitrophiles, ainsi qu’une contamination des sols et des eaux par les vermifuges provoquant la mort de milliers de bousiers et autres insectes.
    • Par ailleurs, les densités pastorales provoquent un recul de la faune sauvage terrestre (isards, marmottes, cervidés), pourtant observables en nombre côté espagnol. 

    Face aux problèmes rencontrés, l’ASPAS préconise, entre autres :

    • l’utilisation correcte de tous les moyens de protection, notamment en encourageant les groupements pastoraux à prévoir l’équipement de leur estive, en révisant les critères d’attribution des indemnisations Dégâts Ours, et en redirigeant les aides sur la revalorisation du salaire des pâtres ;
    • une amélioration de la qualité des chiens de protection (en perfectionnant la sélection, en proposant des formations Conditionner un chien de protection aux éleveurs, en proposant un test d’aptitude pour les chiens de protection avant leur montée en estive) ;
    • un plus grand respect du milieu naturel, de la faune sauvage et de la flore naturelle (en étudiant et limitant les taux de chargement des estives, en encourageant au déplacement périodique des parcs de soins, des parcs de regroupement, etc.)

    >> A lire aussi : notre enquête de terrain 2019 

    Cet article Ours et pastoralisme : notre enquête de terrain 2020 est apparu en premier sur ASPAS : Association pour la Protection des Animaux Sauvages.

0 | 5 | 10 | 15 | 20

Soutenir par un don