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  • Comment chasseurs et piégeurs ont échappé au (premier) confinement

    30 octobre, par aspas

    Pendant que les agents de l’OFB et les bénévoles d’associations naturalistes respectaient le confinement, au sacrifice de suivis scientifiques importants, les chasseurs faisaient pression pour continuer leurs morbides activités sur le terrain. Un clientélisme que l’ASPAS s’est empressée de dénoncer.

    Le 16 mars, le président des chasseurs Willy Schraen déclarait à ses troupes que certaines activités de chasse restaient autorisées malgré le confinement (chasse individuelle à l’approche, piégeage, agrainage, …), avant de faire volte-face 48h plus tard, suite à une mise au point du gouvernement dont seul Willy a eu connaissance (puisqu’il n’y a pas eu de communication officielle…) : toute chasse et toute activité de piégeage seraient bel et bien interdites, obligeant les chasseurs à respecter le confinement général comme tout le monde !

    Hélas, très vite des dérogations ont commencé à fleurir dans le Jura (tirs de corvidés), dans l’Aube (agrainage des sangliers), dans les Landes (tirs de sangliers)… avant de progressivement s’étendre un peu partout en France. Comble de l’ironie : pour justifier leurs déplacements, les chasseurs étaient invités à cocher la case « pour des missions d’intérêt général » de leur formulaire COVID-19 !

    Face à la multiplication des dérogations, l’ASPAS a décidé de lancer le 31 mars aux côtés des associations AVES et Crow Life une pétition pour demander une interdiction totale de la chasse et des opérations de destruction. Au 15 avril, la pétition avait déjà récolté près de 82 000 signatures. Dans le même temps, plusieurs sources nous ont confirmé que les inspecteurs de l’environnement de l’OFB avaient reçu ordre de stopper leurs opérations de contrôle sur le terrain. De crainte que les braconniers multiplient leurs exactions, comme nous le constations, nous avons donc invité tout un chacun à signaler aux autorités des comportements suspects, et nous faire part de leur témoignage à l’adresse : temoignage@aspas-nature.org.

    La disparité des réglementations locales a créé un flou inacceptable en cette période où les règles sanitaires pour protéger la population se devaient d’être limpides. C’est pourquoi l’ASPAS a également décidé d’adresser une lettre ouverte au Président de la République, co-signée par 13 associations, pour exiger davantage de transparence et d’équité.

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  • 71 % des Français considèrent qu’il faut laisser la nature se développer

    29 octobre, par aspas

    Laisser la nature se développer, même si cela peut poser des problèmes pour les activités humaines, est une idée partagée par 71% des Français sondés dans le cadre d’une enquête statistique commandée par le Ministère de la Transition écologique, publiée le 7 octobre dernier. Multiplier les Réserves de Vie Sauvage® de part et d’autre du monde, quelle belle idée !

    Parmi les 29% qui estiment que la nature doit au contraire être dominée par l’homme, 60% d’entre eux pensent également que l’érosion de la biodiversité n’aura pas d’effet sur leur vie quotidienne. Ces 29% sont composés d’exploitants agricoles (50 %), de chasseurs (41 %), d’éleveurs et de sylviculteurs (36 %). Cette primauté des activités humaines est également plus fréquente chez les enquêtés les plus aisés, les plus diplômés et les plus âgés.

    Cette enquête révèle à quel point les Français de 2020 ont pris conscience de la gravité de la surexploitation des milieux naturels par les activités humaines, et du besoin de protéger ce qui peut encore l’être.

    Par ailleurs, l’IPBES vient de publier un rapport de synthèse sur le lien entre pandémies et biodiversité montrant que plus la biodiversité est foisonnante, plus les humains sont protégés des zoonoses. Chasse, trafic d’animaux sauvages, exploitation forestière et élevage intensif étant les principales causes de déclin de cette biodiversité qui nous protège et nous permet de vivre.

    Cette courte animation didactique permet de comprendre les enjeux avec beaucoup de clarté : https://twitter.com/ipbesfr/status/1319903957070704643

    Alors que la France entre dans son 2e confinement, et que la pandémie du Covid 19 continue de faire des ravages dans le monde entier, sachons prendre dès maintenant les bonnes mesures pour respecter le vivant sous toutes ses formes. Il en va de notre propre survie !

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  • L’agrainage des sangliers : vous avez dit régulation ?

    29 octobre, par aspas

    Selon les chasseurs, l’agrainage permet de fixer les populations de sangliers sur un site défini, pour les éloigner des cultures agricoles. Or il est prouvé que le nourrissage artificiel favorise la prolifération des sangliers…


    

    Ces images inédites tournées en octobre 2020 dans une forêt du Jura, montrent un site d’agrainage actif depuis plusieurs années. Il est alimenté même à l’automne, alors que la forêt regorge de nourriture naturelle (les sangliers raffolent des glands, notamment !).

    L’agrainage est une pratique légale en France, mais strictement encadrée. Dans le Jura, « par principe, l’agrainage à poste fixe est interdit » peut-on lire page 27 du très officiel Schéma Départemental de Gestion Cynégétique 2013-2019 (à télécharger ici). Mais comme souvent, en matière de chasse, les exceptions deviennent la règle…

    L’objectif fixé des chasseurs est clair : il s’agit « de maintenir les niveaux de populations de sanglier en lien avec la capacité d’accueil du milieu ». Et pour cela, quoi de mieux que des seaux de maïs en pleine forêt ? La vérité est que les chasseurs veulent surtout s’assurer d’un gibier abondant, pour avoir des choses à tuer, et que la supercherie de l’agrainage 12 mois sur 12 les arrange bien…

    Vous êtes témoins de pratiques similaires ou d’autres dérives liées à la chasse ? Ecrivez nous à temoignage@aspas-nature.org

    A lire aussi :

    Les chasseurs piégés par les sangliers
    La vérité sur les sangliers

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  • Confinement d’automne : le lobby chasse à l’œuvre pour négocier des dérogations…

    29 octobre, par aspas

     !! Mise à jour du 31 octobre : le dernier communiqué de Willy (du 30/10/20) laisse entendre que les chasseurs pourront certainement bientôt s’acharner sur les « espèces pouvant causer des dégâts aux cultures », des interventions qui répondent, selon eux, à des « missions d’utilité publique » (!)
    Plus inquiétant encore : côté divertissement, Willy prend la responsabilité d’aller CONTRE l’autorité ministérielle en encourageant ses troupes à utiliser leur heure de sortie quotidienne comme « heure de détente cynégétique »…! La formule, toute assumée, révèle toute la schizophrénie du discours officiel de la chasse : les chasseurs se disent là pour soi-disant réguler, mais il sont surtout là pour s’amuser. Entendez-bien ce que dit Willy : l’heure « de détente cynégétique », c’est sortir « prendre un bon bol d’air » pour aller flinguer des animaux !!

    Si vous êtes témoins d’abus, comme lors du 1er confinement, écrivez-nous à temoignage@aspas-nature.org

    Mise à jour du 29 octobre :

    Le nouveau confinement est national, et la pratique de la chasse est a priori suspendue jusqu’au 1er décembre. Mais dès la fin du discours du président Macron, mercredi 28 octobre, le président des chasseurs Willy Schraen s’est empressé de publier un post Facebook pour tenter de rassurer ses troupes, en leur expliquant que « des services de mission publique » sont « à maintenir au niveau de la chasse ». Et en laissant entendre que seules « certaines activités » cynégétiques seraient affectées par ce nouveau confinement…

    Depuis plusieurs jours, Willy Schraen est déjà en négociation avec le Ministère de l’Agriculture pour demander un assouplissement des mesures sanitaires liées à l’éventuel retour en France de la grippe aviaire. En effet, depuis le lundi 25 octobre, il est interdit pour les chasseurs d’utiliser d’effectuer des lâchers de « gibiers à plumes » et d’utiliser des « appelants » dans certaines zones à risques (lire notre article à ce sujet).

    Quel que soit le virus (Covid 19 ou grippe aviaire), l’objectif de Willy est de « préserver le plus grand nombre » des « intérêts » des chasseurs, comme il l’écrit noir sur blanc. Contrairement au confinement du printemps, qui a coïncidé avec une période traditionnellement plus « tranquille » pour la faune sauvage, ce confinement d’automne survient au plus fort de la saison de chasse. Les « intérêts » des gilets oranges sont donc particulièrement nombreux…

    L’ASPAS reste très vigilante quant aux éventuels cadeaux qui seraient faits aux chasseurs pendant cette période où tout le monde est invité à rester solidaires et à « se serrer les coudes » pour reprendre les termes de M. Macron. Nous espérons surtout que de nombreuses vies seront épargnées et que la faune sauvage pourra connaître un nouveau répit plus que bienvenu : suspendre la chasse tout un mois de novembre serait tout à fait inédit !

    Mais ne nous réjouissons pas trop vite… On entend déjà des voix de chasseurs qui se lèvent qui mettent en avant leur indispensable rôle de pseudo-régulateurs, que sans eux le pays courrait à la catastrophe, et qu’il leur est tout à fait vital de pouvoir continuer à relâcher du « petit gibier » d’élevage, de nourrir les sangliers avec du maïs ou des betteraves, de piéger les palombes en migration ou de plomber les canards et autres bécasses qui ne posent pourtant aucun souci à personne…

    A suivre donc !

    > A lire aussi : Comment les chasseurs ont échappé au (premier) confinement

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  • Hautes-Pyrénées : à la demande des associations, le Préfet renonce à l’effarouchement de l’ours Goiat

    29 octobre, par aspas

    Suite au recours gracieux déposé par les associations de protection de la nature et de l’environnement, dont l’ASPAS, le Préfet des Hautes-Pyrénées a décidé d’abroger les arrêtés autorisant l’effarouchement renforcé de l’ours « Goiat ».

    L’ours Goiat, capté par la caméra automatique de Xavier Piro le 21/10/19*

    Dans ce recours, nous exposions les raisons pour lesquelles cette autorisation d’effaroucher Goiat n’était ni justifiée ni conforme au droit, et nous informions le Préfet de notre intention de saisir le Tribunal Administratif s’il ne revenait pas sur cette décision.

    Nous saluons l’attention et l’écoute du Préfet des Hautes-Pyrénées. Nous espérons que cette sagesse se prolongera et inspirera d’autres Préfets qui cèdent souvent et trop rapidement à la tentation de « taper sur les ours » plutôt que de renforcer les moyens pour une cohabitation apaisée, pourtant possible avec la collaboration de tous les acteurs.

    Malheureusement, cette sagesse est encore rare et nos associations ont dû se résoudre à déposer des recours contre de nombreux autres arrêtés d’effarouchement le long de la chaîne :

    • 1 en Hautes-Pyrénées
    • 2 en Haute-Garonne
    • 15 en Ariège qui détient le triste record du nombre d’arrêtés d’effarouchement, sans que cela n’influe sur les attaques d’ours, ce qui en démontre bien l’inutilité.

    Par ailleurs, nous avons également déposé un recours devant le Conseil d’Etat contre le Décret ministériel qui permet aux Préfets d’autoriser ces effarouchements inutiles et dangereux.

    S’il nous donne raison comme nous l’espérons, il faudra bien revenir à la raison et revoir enfin les modalités de la cohabitation entre l’élevage et l’ours dans les Pyrénées sur des bases constructives.

    Contact presse pour l’ASPAS : presse@aspas-nature.org

    Les associations :

    Animal Cross, ASPAS, FERUS, FIEP Groupe Ours Pyrénées, France Nature Environnement Hautes Pyrénées, Nature en Occitanie, Pays de l’Ours – Adet , Société Française pour l’Etude et la Protection des Mammifères, Société Nationale de Protection de la Nature.

    * Pour voir la vidéo en entier, c’est ici 

     

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