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  • Enquête : Carnage derrière le grillage

    14 septembre, par aspas

    La chasse d’animaux prisonniers derrière des grillages est une pratique cruelle, non-éthique, écologiquement aberrante… et malgré tout légale en France. L’ASPAS a enquêté dans un parc situé en Nouvelle-Aquitaine et dévoile des pratiques sadiques et insupportables. Nous demandons l’interdiction de toute forme de chasse d’animaux maintenus en captivité.

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    Méconnue, la chasse d’animaux en captivité n’est pas anecdotique puisqu’elle concerne environ 1 300 parcs et enclos qui détiennent au total 50 000 à 100 000 animaux : cerfs, chevreuils, mouflons, daims, etc. La chasse peut y être une activité personnelle des propriétaires ou une activité commerciale : les propriétaires font payer à des chasseurs le droit de venir tuer des animaux.

    Une traque conçue pour durer

    Dans le parc commercial où nous avons enquêté, les chasseurs ne tirent jamais sur le sanglier la première fois qu’ils le voient. La traque peut durer aussi longtemps que voulu puisque l’animal ne peut pas s’échapper. L’objectif des chasseurs est de faire courir le sanglier le plus longtemps possible, poursuivi par les chiens, en le suivant en voitures et en quads avant de décider du moment de sa mise à mort. La traque dure plusieurs heures, parfois toute la journée.

    Un enquêteur témoigne : « Comme ils [les chasseurs] sont sûrs de l’avoir [le sanglier], ils ne le tuent pas tout de suite. Il faut s’être amusé avec»

    Nos enquêteurs ont été choqués par l’intérêt que portent les chasseurs pour l’observation des sangliers en situation de détresse, usés par plusieurs heures de fuite, de résistance aux chiens et par des blessures. Pour ces chasseurs, voir un sanglier courir ou tenter de courir avec une patte brisée est source de réjouissance.

     

    Une mise à mort ignoble

    Une fois le sanglier acculé, il se fait souvent déchiqueter vivant par les chiens avant que les chasseurs arrivent pour le tuer. Nos enquêteurs ont observé des sangliers dont l’arrière-train ou l’oreille avaient été dévorés.

    Une fois sur deux, les chasseurs ne tuent pas le sanglier au fusil mais avec des épieux (longs poignards au bout de perches métalliques).

    Quand des tirs ont lieu, ils sont souvent mal ajustés, laissant des animaux blessés. Un chasseur raconte qu’il avait revu un sanglier très amaigri après lui avoir tiré dans le groin une semaine plus tôt ; le sanglier ainsi blessé ne pouvait plus s’alimenter, ce qui faisait rire le chasseur.

    Il arrive qu’un sanglier mortellement blessé ne soit pas retrouvé ni même recherché, ou que les chiens tuent un sanglier dans un fourré sans que les chasseurs en aient connaissance. Son agonie est alors très longue. Pour les chasseurs, c’est sans importance car le parc regorge d’autres sangliers sur lesquels se reporter.

    Un parc d’attraction pour chasseurs

    À l’intérieur des grillages, tout est organisé pour la chasse. Le parc accueille des groupes pour des chasses à la journée. Un réseau de routes et de pistes est tracé pour accéder aux différentes parcelles et aux nombreux miradors. La chasse se déroule essentiellement à bord des véhicules. Les chasseurs ne s’en éloignent que très peu.

    Les sangliers sont nourris et se reproduisent en captivité. Les gestionnaires de parcs et enclos de chasse achètent aussi des sangliers dans d’autres élevages, en France ou à l’étranger. Ceci est légal.

    D’un côté, ces sangliers dépendent des chasseurs qui les nourrissent et sont souvent très peu farouches. De l’autre, ils doivent fuir les chasseurs et les chiens pour tenter de survivre désespérément. Cette situation les soumet à un stress intense.

    Des pratiques répandues en France

    Les « parcs » et « enclos » diffèrent au sens réglementaire. Dans les premiers, la chasse est autorisée pendant même la période qu’à l’extérieur. Dans les seconds (moins hermétiques), elle est autorisée toute l’année. Dans les deux cas, il peut s’agir de chasse commerciale ou de chasse privée.

    Les sangliers sont les animaux « gibier » les plus nombreux derrière ces grillages, devant les cerfs élaphes, les mouflons, les daims et les chevreuils. Il y a même des espèces dites « exotiques » comme les cerfs sikas, ce qui pose des problèmes écologiques lorsque ces animaux s’échappent car ils peuvent s’hybrider avec les cerfs élaphes à l’extérieur.

    Les évasions sont régulières, surtout s’agissant des sangliers. Comment est-il possible que leur élevage et leur importation pour la chasse en enclos soient encore autorisés, alors que les chasseurs disent avoir des difficultés à « réguler » les sangliers en liberté ?

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    L’ASPAS est une association 100% indépendante qui a fait le choix de ne recevoir aucune subvention publique. Si vous souhaitez soutenir nos actions, vous pouvez adhérer et/ou faire un don. Merci ! 

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  • Pour un ministère de la protection animale

    12 septembre, par aspas

    L’ASPAS est co-signataire d’une tribune publiée par un collectif d’associations, publiée dans les colonnes du journal Libération le 12 septembre 2019, dans laquelle nous demandons le retrait de l’attribution « Protection animale » au ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation, ainsi que la nomination d’un(e) ministre de la Protection animale reconnu(e) pour son engagement et son expertise en matière de protection des animaux.

    Didier Guillaume, qui a été aperçu assistant à une corrida au cours de l’été 2019, est celui qui a affirmé devant les caméras « ne pas connaître un chasseur qui ne soit pas un protecteur du bien-être animal ». Il a aussi augmenté le nombre de loups pouvant être tué, et s’est également opposé à l’abolition de la chasse à la glu, qui piège même les oiseaux en voie de disparition, ce qui constitue une infraction à la directive européenne Oiseaux et a valu à la France d’être récemment mise en demeure par la Commission européenne pour qu’elle se mette en conformité.

    De la part d’un ministre en charge de la protection animale, cela est extrêmement inquiétant et lui ôte toute crédibilité dans la poursuite de cette attribution.

    > Retrouvez la tribune en intégralité sur le site liberation.fr

     

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  • Deux élevages clandestins de « cochongliers » mis à jour en Normandie

    5 septembre, par aspas

    L’affaire a été révélée au grand jour le 11 juin 2019 : depuis 3 ans au moins, des chasseurs du département du Calvados entretenaient des élevages illégaux de sangliers croisés avec des cochons domestiques…

    Plus grave encore : d’après des témoins, en raison d’une concentration trop importante d’animaux, plusieurs dizaines se seraient échappés des enclos, provoquant l’ire des agriculteurs locaux, et générant une réelle inquiétude sanitaire, au regard du contexte actuel de la peste porcine qui guette à nos frontières. En effet, si aucun cas n’a été pour l’instant officiellement relevé en France, on sait que le foyer d’infection en Belgique est dû à l’importation de sangliers d’Europe de l’Est, or ces « cochongliers » normands n’ont aucune traçabilité…

    L’ASPAS déposera plainte pour ces faits, dont s’est saisi le Procureur de la République.

    Cette affaire n’est pas une première et révèle toute l’hypocrisie du monde cynégétique, en mettant à mal, une fois de plus, l’image des chasseurs « 1ers écologistes de France ». Si la « fédé » du Calvados s’est bien sûr empressée de dénoncer ces agissements, ce scandale met en lumière la gestion catastrophique du dossier « sanglier » par les chasseurs français depuis des décennies.

    Les férus de la gâchette justifient souvent leur rôle de « régulateurs » providentiels par la surpopulation de sangliers en France. Ce qu’ils ont un peu plus de mal à admettre, c’est qu’ils sont largement responsables de ce déséquilibre écologique, et qu’ils font même en sorte de l’entretenir, pour être sûrs d’avoir des cibles vivantes à tirer !

    Quant à l’hybridation, commencée dans les années 80, elle est l’une des réalités les plus embarrassantes pour le monde de la chasse. Aujourd’hui les chasseurs sont complètement dépassés par la capacité de reproduction prolifique des « cochongliers » qui n’ont de prédateurs naturels que les loups, les lynx et les ours, dont les populations en France sont… très faibles. Ce qui arrange aussi, bien entendu, les chasseurs.

    Deux mois après la révélation de cette affaire, un nouvel article publié dans le journal L’Orne combattante le 2 septembre donne de nouveaux éléments probants sur la présence avérée de « cochongliers » dans la nature, et des agissements suspects de chasseurs locaux en amont des battues administratives. Un agriculteur voisin, toujours confronté à de nombreux dégâts dans ses cultures, accuse ainsi ceux qu’il appelle des « délinquants de la chasse » d’avoir fait fuir les « hybrides » avec une odeur dissuasive, pour mettre en échec les battues…

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  • Décathlon persiste à faire la promo de la chasse !

    30 août, par aspas

    Aux côtés de 100 sportifs français et d’une dizaine d’ONG de la protection de l’environnement, l’ASPAS a co-signé en février 2019, sur une initiative du naturaliste Pierre Rigaux, une lettre adressée au patron de Décathlon, Michel Aballea, pour lui demander de supprimer les rayons « chasse » de ses magasins. (> à lire ici)

    On attend toujours la réponse.

    A quelques jours de l’ouverture générale de la nouvelle saison de chasse, Décathlon communique comme à son habitude sur sa nouvelle gamme de produits chasse, et dans plusieurs de ses magasins, des évènements pro-chasse sont organisés, comme par exemple cette journée spéciale le 30 août dans un magasin près de Limoges.

    Il est très regrettable que le 1er vendeur d’articles de sports en France considère la chasse, avec ses quelque 30 millions d’animaux tués chaque année, comme un loisir ordinaire au même titre que la course à pied ou la natation.

    Tous les sondages sérieux le montrent : la chasse est une activité de plus en plus impopulaire dans notre pays. Persister à vendre des munitions, des couteaux et d’autres instruments de torture à quelques mètres de maillots de bains pour enfants et de chaussures de tennis, c’est pour Décathlon se tirer une balle le pied, et tourner le dos aux évolutions de société !

    C’est pourtant le 1er « point clé » de la plaquette de communication de la marque : « On vous observe, on vous écoute ! ». Si Décathlon écoutait vraiment les Français, qui sont de plus en plus nombreux à être au fait des abus de la chasse, de l’impact catastrophique sur nombre d’espèces menacées (tourterelles des bois, grand tétras, alouettes des champs…), et qui continuent à éprouver toujours plus de sentiment d’insécurité face à la chasse lorsqu’ils pratiquent de vrais sports de plein-air (randonnée, VTT…), Décathlon ne vendrait plus d’articles de chasse !

    Si Décathlon écoutait vraiment les Français, il verrait aussi que près de 94 000 d’entre-eux ont déjà signé une pétition citoyenne appelant au boycott de leurs magasins, et que ce nombre augmente de jour en jour !

    Mais est-ce que Décathlon écoute vraiment les Français ?

     

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  • Mayotte : de la prison ferme pour des braconniers de tortue

    14 août, par aspas

    Lundi 12 août a eu lieu à Mayotte le procès de 3 braconniers originaires de Mamoudzou, arrêtés par des inspecteurs de l’environnement de l’Agence Française pour la Biodiversité (AFB) le 25 juillet dernier. L’interpellation avait eu lieu au moment où ils chargeaient dans leur véhicule 69 kg de viande provenant d’une tortue qu’ils venaient tout juste de tuer et de dépecer, sur une plage du nord de l’île.

    Outre une amende de 250 euros, le juge a prononcé à l’encontre des accusés 8 mois de prison ferme pour chacun des deux tueurs, et 3 mois de prison avec sursis pour le conducteur du véhicule, considéré comme complice. Quant aux associations qui se sont portées parties civiles dans cette affaire (l’ASPAS, Oulanga Na Nyamba et les Naturalistes de Mayotte), elles obtiennent chacune 500 euros de dommages et intérêts.

    Carapace de la tortue braconnée le 25 juillet 019 © Agence Française pour la Biodiversité, Service Départemental de Mayotte

    Cette nouvelle affaire de braconnage démantelée par les personnels de l’AFB survient peu de temps après deux autres affaires similaires. Dans la première, l’un des braconniers était un récidiviste qui avait auparavant été employé par la Collectivité pour surveiller la plage de Moya, l’un des plus importants sites de ponte des tortues. Il avait écopé d’une peine d’un an de prison avec mandat de dépôt.

    Dans la seconde affaire, les braconniers avaient été interceptés lorsqu’ils avaient chargé une tortue entière d’environ 150 kilos dans leur véhicule. Condamnés également à des peines de 12 mois de prison, plusieurs étaient déjà connus de la justice pour les mêmes faits. La voiture avait été confisquée par décision du tribunal correctionnel pour marquer la détermination des autorités judiciaires à sanctionner lourdement de tels agissements.

    Depuis la précédente arrestation en mai dernier, la plage de Papani n’avait pas fait l’objet de nouveaux cas de braconnage constatés par le réseau Remmat (Réseau Echouages Mammifères Marins et Tortues de Mayotte). Ceci confirme que les actions menées par les acteurs locaux produisent leurs effets.

    Si les inspecteurs de l’environnement de l’AFB à Mayotte ne ménagent pas leurs efforts pour lutter contre ces atteintes à la biodiversité, ils déplorent de ne disposer que de 7 personnes sur place, effectif très insuffisant pour assurer ce type de missions aussi bien à terre qu’en mer, plus particulièrement sur les 1100 kilomètres/carrés du lagon mahorais.

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