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  • Et si on réintroduisait les lynx sur le Mont Ventoux ?

    22 janvier, par aspas

    Suite au scandale provoqué par l’affaire du safari-chasse de chamois sur le Mont Ventoux (lire notre article), l’ONF tente de justifier la chasse aux chamois sur ce secteur, en prétextant les dégâts que provoqueraient ces animaux sur les « bourgeons des sapins pectinés » (lire l’interview de David Gavalda sur le site de France 3)…

    On connaît ce discours bien rodé des forestiers, de mèche avec les chasseurs qui payent le droit de venir chasser dans les forêts domaniales : « sans régulation cynégétique des cervidés, les forêts ne peuvent pas se régénérer ». Concernant le chamois, l’argument ne tient pas : toutes les études montrent que leur impact sur la flore est quasi nulle ! D’ailleurs, dans le contrat qui lie les chasseurs à l’ONF dans la forêt du Mont Ventoux, il est écrit noir sur blanc que le chamois « reste à un niveau de population acceptable et ne génère pas de dégâts forestiers importants ».

    Surtout, les experts sylvo-cynégétiques oublient (font exprès d’oublier) un (gros) détail : en présence des grands prédateurs, les ongulés se dispersent, leurs populations sont naturellement régulées, et c’est toute la biodiversité qui en profite.

    Encore faut-il accepter la présence de ces prédateurs, qui entrent en concurrence directe avec les chasseurs ! Et qui contraignent les éleveurs à une protection plus efficace de leurs troupeaux. C’est pourtant la solution la plus naturelle et la plus écologique.

    Le loup est naturellement revenu sur le Mont Ventoux, où il se nourrit surtout de cerfs et de chevreuils, mais il est moins à l’aise pour chasser les chamois, qui sont plus à même de se réfugier dans des zones escarpées.

    Pour contenir les chamois, il est un autre prédateur, plus agile et varappeur que le loup, qui aurait toute sa place dans ce massif : le lynx boréal. Hélas, son retour naturel en Drôme et Vaucluse n’est pas pour tout de suite. Cependant, avec un peu de pédagogie et surtout une forte volonté politique en faveur de la biodiversité, on pourrait tout à fait imaginer un programme de réintroduction du grand félin dans ce secteur.

    En effet, on estime qu’un lynx prélève environ 60 ongulés sauvages sur une année, sur un territoire d’environ 10 000 hectares (chevreuil et chamois essentiellement). En prenant en compte les densités de population de grand gibier sur le Mont Ventoux, l’idée d’une réintroduction mériterait une étude et une réflexion approfondie. Même s’il faut s’attendre, à n’en pas douter, à un véto de la part des chasseurs…

    N.B : à l’heure où nous écrivons ces lignes, nous apprenons qu’un lynx aurait été abattu dans les Vosges… Malgré les efforts des associations locales, le lynx – victime de nombreux actes de braconnage depuis sa réintroduction au début des années 1980 – n’a malheureusement jamais réussi à se développer correctement dans ce massif. 

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  • Renard pendu : la barbarie ordinaire de nos campagnes

    16 janvier, par aspas

    Partagée des dizaines de milliers de fois sur les réseaux sociaux, la photo du renard pendu à Aiglun, dans les Hautes-Alpes, en a scandalisé plus d’un. A tel point que la presse régionale s’est emparée de l’info : le Dauphiné LibéréD’Ici, Nice Matin… ainsi que La Provence qui n’hésite pas à parler « d’acte barbare » et « d’extrême violence ».

    L’ASPAS salue cette indignation généralisée, qui est le signe que le vent tourne en France : grâce aux réseaux sociaux, les citoyens sont de plus en plus sensibilisés aux atrocités commises contre la faune sauvage et alors que les objecteurs de conscience sont de plus en plus dans le viseur de l’État, rien n’est entrepris contre ceux qui provoquent ouvertement les citoyens les plus sensibles à la nature et à la souffrance animale…

    Il n’est, hélas, pas si rare de découvrir de telles mises en scène macabres dans les campagnes françaises, là où sévissent des groupes d’individus restés ancrés dans la certitude de leurs croyances fantasques et moyenâgeuses. Voleur de poules, vecteur de maladies… Malgré une évolution timide des mentalités et des pratiques, pour une majorité de chasseurs « un bon renard reste un renard mort ». Par provocation, par fierté, certaines personnes aiment exposer de façon morbide et choquante le fruit de leurs « prélèvements ».

    Des histoires comme celle de ce renard pendu, l’ASPAS en connaît des dizaines. Il y a quelques jours à peine nous avons été alertés par une adhérente qui a été interloquée de voir à Doizieux (43), en pleine rue, différents cadavres d’animaux considérés comme « nuisibles » (renards, fouines…) exposés à la vue de tous. La photo d’un autre renard, pendu par la queue cette fois-ci à Paray-le-Fresil (03) à côté d’un arrêt de bus scolaire, a beaucoup circulé également sur le web ces derniers jours. Un flou juridique entoure ces pratiques obscènes pourtant moralement condamnables.

    Des renards, il s’en tue environ 600 000 chaque année en France, 12 mois sur 12 (par tir, piégeage, déterrage, battue administrative…). Et ce nombre n’intègre pas les milliers victimes de collisions routières. S’il suffit d’une photo d’un individu pour sensibiliser les quelque 60 millions de Français non-chasseurs aux atrocités commises dans nos campagnes, tant mieux !

    Les nombreux atouts écologiques du renard

    © F. Cahez

    Nous avons aujourd’hui toute la littérature scientifique à disposition pour réhabiliter les renards, pourtant toujours classés parmi les « espèces susceptibles d’occasion des dégâts » : il protège les cultures des paysans, il nettoie la nature des proies malades, il freine la propagation de la maladie de Lyme qui affecte les humains… Les renards ont toute leur place dans l’écosystème. Quant aux poules, il suffit de bien fermer la porte du poulailler, le soir, et d’installer une clôture suffisamment imperméable.

    Grâce à l’action du Collectif Renard Grand Est, dont fait partie l’ASPAS, une question écrite à destination de la ministre de l’Ecologie Mme Elisabeth Borne a été publiée au Journal Officiel le 31 décembre 2019, portée par le député de Meuthe-et-Moselle Xavier Paluszkiewicz (LREM), pour dénoncer le caractère obsolète et non scientifique des classements d’animaux anciennement appelés « nuisibles », grandement établis sous la pression du lobby chasse. Nous attendons la réponse de la Ministre avec grand intérêt.

    Car ce qui dérange le plus les chasseurs, en vérité, et qui explique l’acharnement du monde cynégétique contre goupil, est que le petit prédateur leur fait concurrence en s’attaquant aux faisans, perdrix, lièvres et autres « petits gibiers » qui sont élevés par millions chaque année, dans le seul but d’être relâchés pour mourir sous le plomb des fusils. Le renard chasse pour survivre, le chasseur pour se faire plaisir…

    En 2020, comment peut-on encore sacrifier la biodiversité pour subvenir aux petits plaisirs égoïstes de certains bipèdes ?

    Prenez la défense de Goupil !

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  • Safari-chasse dans le Ventoux : il y en a des centaines d’autres en France !

    15 janvier, par aspas

    Une pétition qui a recueilli plus de 60 000 signatures en quelques jours, des articles de presse publiés sur les sites de BFM, RTL, La Depêche du Midi, Capital… Vous êtes très nombreux à vous indigner contre un « séjour chasse aux chamois » pour gens fortunés sur les versants du Mont Ventoux (Vaucluse), proposé par le tour-opérator Rollet Safaris et expéditions. Prix 3000 euros !

    En réalité, des « safaris » de ce type, il y en a tous les jours, partout en France, à l’abri des regards. C’est l’une des révélations de notre enquête « Carnage derrière le grillage » dévoilée en septembre 2019 : on estime à environ 1300 le nombre de parcs et enclos de chasse privés, disséminés un peu partout dans le pays, où des chasseurs payent souvent le prix fort pour venir assouvir leur passion de tuer. La différence avec le safari du Ventoux est que ces animaux sont prisonniers derrière des grillages.

    Chaque lieu a sa spécificité (parc d’entraînement de chiens, chasse au grand gibier, chasse à courre…), et selon la configuration (enclos hermétique ou non), la chasse peut s’y pratiquer toute l’année sur des animaux européens, mais aussi exotiques (cerfs Sika…). Et certains s’échappent : dans une enquête de 2012, l’ONCFS estime à 10% le nombre d’évadés en raison de clôtures mal entretenus et du manque de contrôles des services de l’Etat*…

    Tous ces parcs d’attraction cynégétiques sont méconnus du grand public car les chasseurs (les bons, les mauvais, on ne sait pas trop !) n’en sont pas très fiers. Et le business est juteux… Au Domaine du Boulay, par exemple (dans le Cher), il faut débourser jusqu’à 1100 euros pour tuer le chevreuil, et 2200 euros pour le daim ! Et à Courtivon, en Côte d’Or, une chasse individuelle à l’approche peut coûter jusqu’à 3500 euros pour un mouflon avec des cornes de 85-89 cm. Ce ne sont que 3 exemples parmi des centaines… En France !

    * Comme par hasard, depuis que l’ASPAS est devenue propriétaire d’un ancien enclos de chasse de 250 hectares pour y sauver les animaux détenus en captivité (une des moitiés de « Vercors Vie Sauvage »), les autorités nous ont à l’œil et nous font bien comprendre les risques que nous encourons si la clôture de l’enclos est endommagée et que des animaux s’en échappent… Les chasseurs, quant à eux, nous ont aussi proposé leur « expertise » de surveillance de la clôture – on se demande bien pourquoi !     

    STOP à la chasse en enclos !

    La chasse d’animaux prisonniers derrière des grillages est une pratique cruelle, non-éthique, écologiquement aberrante… et malgré tout légale en France.

    SIGNEZ LA PÉTITION

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  • Ours et pastoralisme : une enquête exclusive de l’ASPAS

    15 janvier, par aspas

    Dans son objectif de sauvegarde de l’ours, l’ASPAS, Association pour la protection des animaux sauvages, a organisé au cours de l’été 2019 des visites dans les estives des départements pyrénéens, dont l’Ariège (09).

    Entre le 30 juin et le 8 octobre 2019, une quinzaine de personnes ont effectué 24 sorties dans des zones à ours sur les estives fréquentées par les troupeaux, afin de procéder à certaines observations sur le terrain. Objectif : témoigner des moyens de gardiennage de troupeaux mis en place par les éleveurs, et proposer des solutions concrètes pour améliorer la cohabitation entre l’ours et les éleveurs, dans le plus grand respect de la faune et de la flore.

    Télécharger la synthèse (PDF)
     

    Au long de ces visites, nous avons rencontré de nombreux pâtres exerçant une garde serrée profitable au troupeau, avec permanence auprès du troupeau et regroupement nocturne, présence de chiens de protection, et mise à l’écart éventuelle d’une brebis malade « pour l’ours ». Leur professionnalisme semble avoir porté ses fruits.

    La garde serrée du troupeau et la présence des chiens de protection garantissent une diminution et une limitation des prédations. Cette sécurité acquise permet de relativiser la présence du prédateur qui devient un sujet d’étude, d’intérêt et même d’observation à distance.

    Cependant, les groupements pastoraux devraient prévoir de mettre à disposition des pâtres les moyens de protection adaptés à l’estive et à l’effectif prévu du troupeau, en particulier concernant le nombre de chiens de protection, et les parcs. En effet, certains troupeaux sont pléthoriques sur des estives inadaptées à ces taux de chargement.

    Voici ci-dessous quelques points clés qui ressortent de notre enquête :

    • aucune des estives visitées n’avait mis en place le triptyque « pâtre + chiens de protection en nombre suffisant + parc de regroupement fermé électrifié » au complet.
    • sur 10 des 24 estives visitées, il a été constaté que les bergers s’absentent pour des périodes variables allant jusqu’à plusieurs jours et plusieurs nuits, sans être remplacés, laissant le troupeau sans surveillance ni protection.
    • 11 estives sur 24 avaient des chiens de protection
    • seules 3 estives sur 24 disposent d’un parc de regroupement électrifié

    Quant à la gestion des espaces naturels, il a été constaté :

    • nombreuses estives sur-pâturées, avec disparition de la flore naturelle et installation de plantes nitrophiles
    • une importante érosion des sols
    • une contamination de l’eau de ruissellement par les déjections du bétail
    • un recul de la faune terrestre naturelle (isards, marmottes)

    Face aux problèmes rencontrés, l’ASPAS préconise, entre autres :

    • l’utilisation correcte de tous les moyens de protection, notamment en encourageant les groupements pastoraux à prévoir l’équipement de leur estive, en révisant les critères d’attribution des indemnisations Dégâts Ours, et en redirigeant les aides sur la revalorisation du salaire des pâtres
    • une amélioration de la qualité des chiens de protection (en perfectionnant la sélection, en proposant des formations Conditionner un chien de protection aux éleveurs, en proposant un test d’aptitude pour les chiens de protection avant leur montée en estive)
    • un plus grand respect du milieu naturel, de la faune sauvage et de la flore naturelle (en étudiant et limitant les taux de chargement des estives, en encourageant au déplacement périodique des parcs de soins, des parcs de regroupement, etc.)

    > A lire aussi : 260 brebis tombées d’une falaise : pas de chien, pas de clôture, pas de berger…

     

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  • L’année 2019 de l’ASPAS : 6 bonnes nouvelles pour la nature !

    31 décembre 2019, par aspas

    Oui, les mauvaises nouvelles pour la faune ont été nombreuses en 2019. Entre les tirs de loups renforcés, la liste des animaux considérés « nuisibles » renouvelée jusqu’en 2022, et de nouveaux  cadeaux faits aux chasseurs (comme la division par 2 du prix du permis national), il y a eu de quoi broyer du noir, en même temps que l’IPBES nous alertait sur l’état catastrophique de la biodiversité mondiale (1 million d’espèces menacées de disparition du fait de l’homme !).

    Mais du point de vue de l’ASPAS, 2019 a aussi été une année de bonnes nouvelles ; grâce à notre acharnement devant les tribunaux, nos appels à l’indignation face aux décisions politiques et notre investissement dans un projet foncier un peu fou, de belles avancées ont été obtenues pour la nature. Et pas juste éphémères ou anecdotiques : ce sont des victoires influentes qui en faciliteront d’autres. Nous entrons ainsi dans 2020 nourris de confiance et de motivation !

    1 – Une série de victoires pour les renards

    Depuis près de 40 ans, l’ASPAS se bat pour améliorer le sort des renards en France. Début 2019, nous avons publié les actes du colloque « Renard » que nous avions organisé à Paris en 2017, et aujourd’hui l’opinion publique se range volontiers à nos côtés pour lutter contre les nombreux préjugés qui collent à la peau du petit canidé sauvage (290 000 personnes ont signé la pétition « Renards. Nuisibles, vraiment ?! »).

    De plus en plus d’agriculteurs reconnaissent son rôle écologique dans la régulation naturelle des petits rongeurs qui ravagent leurs cultures, et certaines fédérations de chasse commencent même (très doucement, certes…) à changer d’attitude à son égard. Si le renard est toujours officiellement considéré comme « nuisible » en France (il s’en tue près de 600 000 par an !), l’ASPAS est fière d’avoir remporté cette année plusieurs victoires contre des arrêtés préfectoraux qui autorisaient de façon tout à fait injustifiée des tirs de nuit : le Cher, l’Eure, l’Oise et la Meurthe-et-Moselle ! Ces victoires s’ajoutent à celles obtenues en 2018 dans l’Aube, les Ardennes et la Moselle, et viennent renforcer un peu plus notre combat pour obtenir un changement de statut des renards de France.

    2 – Les blaireaux aussi obtiennent un début de justice !

    L’ASPAS a consacré beaucoup d’énergie en 2019 pour dénoncer l’une des pratiques de chasse les plus cruelles et injustifiables qui soient : le déterrage des blaireaux. Notre action-choc à Paris, avec la reconstitution d’une scène de crime où nous avons simulé un déterrage, place de la République en mai, a permis de sensibiliser de nombreux Français à l’existence de cette pratique moyenâgeuse, et à l’urgence de l’interdire.

    Mais c’est devant les tribunaux que le sort des blaireaux s’est amélioré cette année, avec deux victoires remportées par l’ASPAS contre des arrêtés préfectoraux de l’Oise et de la Somme qui autorisaient des tirs de nuit. La préfecture du Loir-et-Cher a également reculé devant la pression de l’ASPAS et de deux autres associations locales, en annulant son projet d’arrêté qui prévoyait une période complémentaire de vénerie sous terre des blaireaux. C’est aussi dans ce département que l’élue Catherine Le Troquier, avec le soutien de l’ASPAS, a pris un arrêté municipal à Valaire pour interdire la pratique du déterrage sur sa commune !

    3 – Chasse interdite pour deux oiseaux menacés des Antilles !

    Saisie par l’ASPAS, l’ASFA et la LPO, la justice a suspendu en urgence, le 31 octobre dernier, deux arrêtés du préfet de la Guadeloupe qui autorisaient à nouveau cette saison la chasse de deux oiseaux menacés d’extinction : la grive à pieds jaunes et le pigeon à couronne blanche. Grâce à notre action commune, aucun oiseau ne sera chassé cette saison !  Cette victoire précieuse est le fruit d’un acharnement long de plusieurs années en faveur de ces deux espèces menacées. En 2020, nous allons maintenir la pression, afin que l’Etat confère enfin à ces oiseaux un statut d’espèce protégée !

    4 – Lobby citoyen : 1 / Lobby chasse : 0 !

    Les consultations publiques, parfois ça marche ! Qu’elles concernent le renard, le loup, le blaireau, ou la chasse en général, l’ASPAS appelle régulièrement à y participer. Certes, les dés sont souvent pipés et l’avis des citoyens régulièrement balayé d’un tour de bras, mais ces consultations sont l’occasion de braquer les projecteurs sur des arrêtés ou des lois qui font rarement la une des médias, et sont un moyen de faire pression sur les élus et les autorités. Le fait que les chasseurs eux-mêmes appellent à y participer en masse est le signe qu’ils ne veulent pas perdre la face, et qu’ils tentent de remporter la victoire de l’opinion publique.

    En 2019, il est une consultation en particulier qui a fait grand bruit : celle lancée par la préfecture de Haute-Savoie, visant à définir les modalités de la chasse d’été et des « tirs pédagogiques » sur des chevreuils. Indignée, l’ASPAS a relayé l’information sur son site et les réseaux sociaux, et a assisté avec joie à l’effet boule de neige que cela a provoqué chez les Français sensibles à la nature et à la cause animale. Les médias s’en sont aussi fait l’écho, et face à cet emballement inespéré, la préfecture a finalement cédé à la pression et modifié son projet d’arrêté !

    5 – Un soulagement pour les loups

    En cette fin d’année, deux décisions de justice nous permettent d’éviter le pire pour les loups français.  Le Conseil d’État, d’abord, a en partie donné raison à l’ASPAS qui avait attaqué l’arrêté ministériel du 19 février 2018 déterminant le plafond du nombre de loups pouvant être abattus (10 à 12%). La justice a en effet censuré « la possibilité de continuer les tirs de défense des troupeaux, lorsque ce plafond est atteint ». Une disposition qui était prévue par l’article 3 et qui permettait de tuer un nombre indéfini (enfin si, défini : jusqu’au dernier !) de loups.

    L’autre bonne nouvelle, c’est celle concernant les 5 loups tués par des éleveurs en Savoie, en 2015. Oui, c’était il y a 4 ans, mais la justice vient seulement de confirmer l’illégalité de ces tirs létaux, qui avaient été autorisés à l’époque par l’État, après la séquestration par certains éleveurs anti-loup d’agents du parc national de la Vanoise.

    Le combat est loin d’être fini mais ces deux décisions nous confortent dans l’intérêt de notre action.

    6 – Transformer un ancien enclos de chasse* en Réserve de Vie Sauvage® : l’ASPAS l’a fait !

    Le projet un peu fou, c’est bien celui-là : lancer une cagnotte participative pour réunir les fonds nécessaires (2,3 millions d’euros !!) à l’achat de 500 hectares de nature dans le massif du Vercors, afin d’en faire la plus grande des Réserves de Vie Sauvage® (RVS) gérée par l’ASPAS.

    Après moult rebondissements, le projet « Vercors Vie Sauvage » auquel vous êtes des dizaines de milliers à avoir participé (encore MERCI !) s’est concrétisé in extremis, le 27 novembre dernier !

    Comme dans toutes nos RVS, l’idée est de laisser la nature s’y épanouir et se cicatriser librement, à son rythme. La particularité de ce terrain, cependant, est que 250 hectares sont intégralement clôturés, et que des animaux sauvages s’y trouvent encore prisonniers. Ce sont les chasseurs qui les avaient importés ici pour les abattre depuis des miradors. En 2020, notre priorité est donc de trouver les solutions légales pour déplacer / relâcher ces animaux, pour ensuite faire tomber la clôture et laisser la nature faire son œuvre. Pour tout savoir sur la suite de ce projet, consultez notre FAQ.

    *On estime qu’en France il y a près de 1300 parcs et enclos de chasse, où des animaux sont maintenus captifs derrière des grillages. L’ASPAS a lancé une campagne en septembre 2019 pour demander l’interdiction de la chasse sur des animaux en captivité, avec une enquête à découvrir ici et une pétition à signer ici.    

    Merci !

    Toutes ces bonnes nouvelles pour la nature sont aussi les vôtres, car sans vous, l’ASPAS ne serait pas ! Nous avons fait le choix de ne percevoir aucune subvention publique, afin de garantir notre indépendance et notre liberté d’action, pour plus d’efficacité. Le fonctionnement de notre association n’est donc possible que grâce à vos dons et adhésions.

    Pour savoir comment nous soutenir dans nos combats, cliquez ici.

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