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Les loups : Comportement, écologie et conservation

Dernier ajout – jeudi 17 janvier 2008.

Sommaire de l’ouvrage


- Avant propos (G. Rabb)
- Préface
- Introduction (D. Mech et L. Boitani)
- Chapitre 1 : Ecologie sociale du loup (D. Mech ; L. Boitani)
- Chapitre 2 : Comportement reproductif et social. Intelligence (J. M. Packard)
- Chapitre 3 : La communication (F. Harrington ; Ch. Asa)
- Chapitre 4 : Le loup en tant que carnivore (R. Peterson ; P. Ciucci)
- Chapitre 5 : Relations entre loups et proies (D. Mech ; R. Peterson)
- Chapitre 6 : Dynamique des populations (K. Fuller ; D. Mech ; J.F. Cochrane)
- Chapitre 7 : Physiologie, Pathologie, Pharmacologie (T.J. Kreeger)
- Chapitre 8 : Etude de la génétique moléculaire (R. Wayne ; C. Vilà)
- Chapitre 9 : Evolution et Taxonomie (R. Nowak)
- Chapitre 10  : Interactions avec les autres animaux non-proies (W. Ballard ; L. Carbyn ; D. Smith)
- Chapitre 11  : Le loup rouge (M. Phillips ; V. Henry ; B. Kelly)
- Chapitre 12  : Le loup et les hommes (L. Boitani ; S. Fritts ; R. Stephenson ; R. Hayes)
- Chapitre 13  : Préservation et reconquête (L. Boitani)
- Conclusion (L. Boitani ; D. Mech)
- Appendice des espèces animales citées
- Auteurs ayant participé à l’ouvrage

Avant propos de G. Rabb

Le projet de la traduction de ce livre est d’aller de l’avant. Il offre une documentation importante et variée de recherches sur la biologie du loup, sur son écologie et ses comportements, associée à une documentation de pointe sur les projets de conservation autour de cette créature charismatique.

Dès le début du projet de rédaction de cet ouvrage exhaustif, il est évident que nous avons eu le souci de rassembler le maximum d’informations crédibles. De tels efforts, répartis sur ces trente dernières années, se reflètent dans les comptes rendus d’observations et de recherches effectués par tous les auteurs de ce livre. J’y vois là, ainsi que dans le nombre important de scientifiques, de gestionnaires de la vie sauvage et de personnes mises à contribution cités tout au long des textes, la preuve que beaucoup de ceux qui se sont impliqués dans cette étude approfondie ont eu le souci constant du sujet légendaire de leurs études. Le dernier chapitre, ainsi que la conclusion de cet ouvrage, mettent à eux seuls en évidence le fait que s’impliquer dans l’avenir du loup nécessite des compétences sociales et politiques, une sensibilité certes spécifique mais aussi et surtout une crédibilité scientifique certaine.

Les auteurs L.D. Mech et L. Boitani montrent avec beaucoup de persuasion que ce qui est vital pour la conservation de ce fascinant animal, c’est de prendre conscience qu’il n’est pas nécessairement un animal symbolique de la vie sauvage tel que se l’imaginent encore trop de personnes. Ils affirment plus simplement que les gens doivent en arriver à accepter le contrôle des populations de loups si l’on souhaite que leur survie soit assurée. Une telle conclusion donne à réfléchir à tous ceux qui étendent leur affinité empathique envers les chiens à l’ancêtre loup. Probablement que les bases de cette « empathie biophilique » [1] sont dues pour une part non négligeable à la nature sociale de l’espèce, à son comportement attentif et à sa capacité spontanée à tisser des liens.

Le loup est donc bien constitué pour attirer notre attention sur sa survie et sa survie est importante dans une certaine mesure pour la survie de la diversité biologique de l’environnement. Si donc il ne reste pas plus longtemps une symbolique démesurée de la vie sauvage, il pourra devenir plus communément un symbole de la prise en compte de son environnement pour une conservation durable. L’effort réalisé ici par les participants à cet ouvrage pour apporter des informations utiles servant de base à un engagement dans sa conservation doit être loué et peut-être faire des émules.

A la question : « pourquoi prendrions-nous autant soin d’une autre espèce que la nôtre ? », il faut répondre que tout le problème est de savoir quelles valeurs prédominent dans notre souci et l’emportent dans nos comportements, aussi différents culturellement soyons-nous les uns des autres !. Bien que des aspects écologiques et économiques soient à prendre en compte, le plus important concerne malgré tout nos avis sur les valeurs éthiques et biophiliques que nous portons en nous et que nous manifestons. Sur le plan éthique, nous sommes redevables aux autres et envers les générations futures de la chance de partager l’environnement avec toutes les autres formes de vie, le loup en particulier. Le fait d’être également redevable de la coexistence avec le loup et les autres espèces est une extension de la prise en compte de la société humaine, largement acceptée aujourd’hui, comme une obligation morale. Dans le cas présent, la valeur d’attachement ou l’appréciation profondément innée pour une autre entité vivante apparaissent moins comprises. Cependant, les vertus des plantes et des animaux qui nous sont attrayantes semblent renforcer cet instinct d’affiliation.

Préface des éditeurs

Beaucoup de livres ont été écrits sur les loups, bien plus que sur n’importe quelle autre espèce de la vie sauvage. Un rapide survol de nos bibliothèques en dénombre une bonne quarantaine. Alors, pourquoi en écrire encore un ?

Parce qu’aucun de ces livres ne traite avec autant de compréhension, de désir de réactualiser les données les plus récentes et d’engagements volontaires, la vie comportementale du loup. Parce qu’aucun n’avait encore réussi à associer autant d’expériences et de recherches que celles des trois cent cinquante personnes qui ont participé à ce projet. Nous avons essayé ici de rassembler toutes les connaissances à partir des ouvrages et des références scientifiques connus et d’en résumer une synthèse érudite et complète sur le loup.

Et le moment d’éditer ce projet semble approprié. Non seulement l’étude de la biologie du loup prospère ces dernières années, mais les populations de loups elles-mêmes sont en augmentation constante, étendant leurs champs d’actions sur des territoires où l’on n’avait pas entendu leur hurlement depuis plus d’un demi-siècle.

De son côté, la Science propose aujourd’hui de nouvelles techniques d’études beaucoup plus approfondies. Ces nouveaux moyens qui ont été disponibles juste après la parution des documents les plus récents qui ont synthétisés les informations sur le loup (Mech-1970) fournissent maintenant des trésors d’informations inconcevables à l’époque. Par exemple le pistage des loups par radio-télémétrie utilisé dans la fin des années 1960 (Kolenosky et Johnston-1967 ; Mech et Frentzel-1970) a, depuis, débloqué une multitude de domaines exploitables sur la vie des loups. Dans le seul Minnesota, environ un millier de loups ont été pistés par ce système (Mech-1973, 1979, 1986, 2000 ; Van-Ballenbergh-1975 ; Fritts-1981 ; Fuller-1989…). En Alaska, plus d’une centaine de meutes ont pu être suivies et étudiées en 1991 et 1992 (Stephenson-1995) et ces études se poursuivent aujourd’hui. Au moins neuf monographies basées sur le pistage par radio ont été publiées par les auteurs les plus au fait de la recherche tels Mech et Frenzel-1971, Van Ballenberghe-1975, Fritts-1981, Peterson et Baily-1984, Ballard-1987 et 1997, Gasaway-1983, Mech-1998, Theberge-1999… Outre les informations détaillées sur le déplacement des loups, la technique du pistage par radio-colliers favorise maintenant d’autres études et apporte une autre dimension à la recherche.

Bien que la plus grande partie du travail effectué cité ci-dessus ait été accomplie dans le Nord de l’Amérique, les recherches sur le terrain ont commencé également dans d’autres parties du monde à peu près dans le même temps et sont aujourd’hui florissantes. Pulliainen en Finlande (1965), Zimen et Boitani en Italie (1975) ou encore Bibikov en Russie (1975) ont emprunté ce même chemin et la création d’un groupe de spécialistes du loup au sein de l’IUCN (Union Internationale pour la Conservation de la Nature) en 1975 par Pimlott a pu favoriser les échanges des informations sur les loups et sur les techniques particulières qui ont pu être développées. Actuellement d’ailleurs, des études sur le loup sont même conduites en Arabie-Saoudite, en Israël, en Inde, en Mongolie, en Roumanie ou encore au Pakistan et renforcent d’autant nos connaissances.

Ces connaissances s’étant tellement étendues durant ces trente dernières années, une nouvelle synthèse des informations était nécessaire. Quand nous avons réfléchi à ce problème, nous en avons conclu que la seule manière de mener à bien un tel projet était de proposer un effort très important de collaboration internationale. La somme des informations s’étendant de plus en plus, certains chercheurs devinrent finalement des experts sur les différents aspects de la biologie du loup ; chacun d’eux ayant été retenu dans son domaine de prédilection pour couvrir sa spécialité dans les différents chapitres de l’ouvrage. Vingt deux auteurs ont ainsi été contactés pour participer à la rédaction de ce livre.

Deux jours de rencontres intenses en Toscane en 1994 entre tous ces intervenants nous ont permis de mettre au point un plan de travail rationnel, chacun de nous ayant pour mission de rédiger une partie de l’ensemble, en parfaite cohérence, en identifiant toutes les informations qui pouvaient se recouper et en rapportant les sujets manquants. L’enthousiasme nous gagnait, nous nous quittâmes heureux et prêts à entrer en action.

Puis la réalité surgit ! Même quand toutes les tâches furent réparties, elle s’avéra redoutable. Chaque auteur allait devoir superposer chaque élément de sa propre contribution à un programme déjà fort bien rempli d’études et de recherches, parfois un peu anciennes certes, mais en tout cas existantes et dont il fallait tenir compte. Au lieu des deux années prévues, il en fallut sept pour venir à bout de l’ouvrage. Entre temps, d’autres études furent menées, d’autres données affluèrent et d’autres articles furent publiés.

Naturellement, il n’y a pas de fin à une telle vague de données, aussi avons-nous réalisé cet ouvrage au fur et à mesure de l’apparition des dernières études, aussi longtemps que le processus d’édition le permettait. Nous avons par exemple essayé d’incorporer le maximum d’informations provenant de l’opération de réintroduction menée dans le parc national Yellowstone durant la même période ; d’autres seront à paraître que nous ne pouvions cependant attendre. Nous espérons que ce livre apportera une base durable sur laquelle pourront s’appuyer les nouvelles études. Nous espérons également qu’il participera à promouvoir une meilleure compréhension du loup et une image au plus près de sa réalité effective qui devraient permettre une meilleure approche du concept de gestion écologique de l’animal.

Recherches, études, compréhension et gestion sereine aideront à minimiser les inévitables conflits entre hommes et loups et à accorder plus de chance à la préservation de la faune sauvage dans le monde entier. A cette fin, les auteurs et éditeurs de ce livre ont choisi de faire don des droits d’auteurs au « Centre International du Loup ».


A propos du traducteur

Robert Igel, auteur de « Quand on parle du loup », conseiller scientifique au parc animalier de Sainte-Croix, et ami de L David Mech et Luigi Boitani, était tout indiqué pour nous proposer (avec l’aide de son épouse) une traduction française de cet ouvrage de référence - Au fil des pages de ce document, nous avons volontairement conservé, en italique, les commentaires personnels de Robert Igel qui apportent des éclairages utiles.

Pour commander l’ouvrage original (en anglais) cliquez sur l’image ci-dessous :


Copyright notice - Droits d’auteurs

"Wolves : Behavior, Ecology, and Conservation" edited by L. David Mech and Luigi Boitani , published by the University of Chicago Press. - ©2003 by the University of Chicago. All rights reserved. This text is used and shared in accordance with the fair-use provisions of U.S. copyright law. Archiving, redistribution, or republication of this text on other terms, in any medium, requires the consent of the University of Chicago Press.

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Notes

[1] empathie : (forme de la connaissance des autres) - biophilique : (ami, respectueux de la vie)



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